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Back to EpisodesLa forêt d'Amazonie se réjouit-elle de la réélection de Lula au Brésil?
Description
La déforestation de la plus grande forêt tropicale au monde a fortement ralenti lors du dernier mandat du président brésilien. Lula maintient son objectif « déforestation zéro » en 2030. Il n'entend pas pour autant renoncer à l'exploitation du pétrole et des terres rares.
La victoire surprise de Lula à la présidentielle brésilienne, face au candidat d'extrême droite climato-négationniste Flavio Bolsonaro, le digne fils de son père, est-elle une bonne nouvelle pour la forêt amazonienne, la plus grande forêt tropicale au monde, 5,5 millions de kilomètres carrés, soit dix fois la superficie de la France, une forêt qui dépasse d'ailleurs les frontières du Brésil ? On n'a pas pu poser la question directement à la forêt, injoignable – le téléphone ne passe pas dans cet immense réservoir de biodiversité. Mais quelques chiffres permettent de répondre.
Les chiffres sont bons. En quatre ans, depuis le retour au pouvoir de Lula en 2023, la déforestation a reculé en tout de 71 %, après la parenthèse noire de Jair Bolsonaro. Pour les 12 derniers mois, la déforestation a même diminué de 42 %, le chiffre le plus important depuis qu'on contrôle la surface forestière de l'Amazonie par satellite. Ce sont ainsi 2 300 kilomètres carrés de forêt qui ont été sauvés des bulldozers et des tronçonneuses.
Trois fois moins d'arbres abattus
Ce qui ne veut pas dire qu'on ne continue pas de couper des arbres. Pendant cette même période d'un an, plus de 3 300 kilomètres carrés de forêt ont disparu, trois fois moins que sous la présidence Bolsonaro. Avec Lula, la déforestation se poursuit, mais beaucoup moins. Le président brésilien s'est d'ailleurs engagé à atteindre la « déforestation zéro » en 2030. Un objectif que veulent remettre en cause le Parlement, les grands propriétaires terriens et l'industrie agroalimentaire.
On sait en revanche ce qu'on a évité avec la défaite de Flavio Bolsonaro. Le fils de Jair Bolsonaro marche dans les pas de son père et voulait assouplir les réglementations, supprimer un certain nombre d'agences environnementales, comme les États-Unis de Donald Trump, le modèle absolu de l'internationale climatosceptique. Flavio Bolsonaro voulait aussi mettre fin aux protections dont bénéficient les territoires des peuples autochtones... Toujours plus de déforestation, toujours plus de champs immenses à perte de vue à la place des arbres, au nom du développement économique.
Pétrole et terres rares
Mais le développement économique, Lula n'entend pas non plus y renoncer. Et on touche peut-être aux limites du mythe. Lula a bien compris le rôle de la forêt amazonienne face à la crise climatique et la crise de la biodiversité. Il en avait même fait un symbole en accueillant le dernier sommet mondial pour le climat, la COP30, à Belém, en lisière de l'Amazonie. Mais le développement du pays reste sa priorité, et Lula veut exploiter les terres rares (ces métaux très recherchés pour la transition énergétique). Le Brésil, à cet égard, abrite la deuxième plus grande réserve de terres rares au monde.
C'est aussi au nom de la croissance et du développement que Lula va poursuivre et accroître l'exploitation des hydrocarbures, le Brésil étant le huitième producteur de pétrole au mond