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Back to EpisodesSaumons, croquettes pour chats et compléments alimentaires: pourquoi la pêche au krill menace les animaux de l'Antarctique?
Description
La CCAMLR, la Commission pour la conservation de l'Antarctique, se réunit pour mettre en place de nouveaux quotas de pêche de la minuscule crevette à la base de la chaîne alimentaire. Baleines et manchots sont les premières victimes d'un pillage industriel.
Une grosse responsabilité pour une toute petite crevette. Le krill est la clé de voûte de tout l'écosystème antarctique, et l'espèce sera au centre de négociations qui s'ouvrent aujourd'hui en Tasmanie lors de la réunion annuelle de la Commission pour la conservation de la faune et la flore marines de l'Antarctique (CCAMLR).
Chaîne alimentaire
On trouve du krill dans tous les océans mais c'est dans l'océan Austral, en Antarctique, que le krill est le plus gros et le plus répandu. « C'est ce qu'on appelle du zooplancton, à la base de l'ensemble de la chaîne alimentaire des océans pour nourrir les plus petits poissons. Mais c'est aussi à la base de l'alimentation de certains des plus gros animaux marins, notamment les baleines, ainsi qu'énormément d'oiseaux marins et notamment les colonies de manchots dans l'Antarctique », explique François Chartier, chargé de campagne océans pour Greenpeace France.
Mais il n'y a pas que les animaux marins qui soient friands du krill ; les humains le pêchent aussi, pour nourrir d'autres poissons, des poissons d'élevage, ce qui peut paraître un peu absurde... Le krill est utilisé en aquaculture, pour le saumon, qui provoque déjà de nombreux dégâts pour l'environnement.
Saumons roses et gras
« Pour produire du saumon, il faut du petit poisson pélagique [en haute mer], poursuit François Chartier. Le saumon mange globalement du poisson et plus on baisse le ratio de protéines animales dans l'alimentation, en mettant par exemple du soja ou des protéines végétales, moins le poisson va avoir cette couleur rose et moins il va être gras. Donc on compense en rajoutant des huiles de poisson et notamment de l'huile de krill pour enrichir le poisson, pour lui donner une texture, une couleur, du gras et des oméga-3 ».
Comme les saumons, les humains consomment aussi du krill, pour la cosmétique et les compléments alimentaires – on ne sait pas si ça donne les fesses roses, on n'a pas testé. Il y a même du krill dans des croquettes de luxe pour chien et pour chat – il parait que ça leur donne le poil brillant, mais là non plus on n'a pas poussé la conscience professionnelle jusqu'à essayer.
Ultime pillage
La pêche au krill est une pêche industrielle. Le krill est carrément aspiré à bord d'énormes bateaux usine, où la matière première est directement transformée. 620 000 tonnes de krill sont ainsi pêchées chaque année, le maximum autorisé. Cette pêche est si massive que le quota fixé par la Commission de l'Antarctique a été atteint cette année dès le mois d'août.
« Là, on est vraiment au bout du bout du modèle, estime François Chartier. On est vraiment sur l'ultime frontière puisqu'on va aller chercher dans les eaux les plus lointaines et les plus hostiles ce qu'il y a le plus en bas de la chaîne alimentaire. C'est vraiment l'ultime pillage de la chaîne alimentaire des écosystèmes marins ».
Baleines et manchots menacés
La pêche au krill a donc des conséquences parfois dramatiques pour la faune de l'Antarctique. « C'est vraiment catastrophique, non seulement pour les grands cétacés qui viennent pendant l'été