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Back to EpisodesLes papes et la France : Napoléon et les papes, alerte enlèvement !
Description
Napoléon Bonaparte naît en 1769, à Ajaccio, en Corse. Il meurt à 51 ans, en 1821, exilé sur l’île de Sainte-Hélène, perdue dans l’océan Atlantique. 3 papes couvrent la vie de Napoléon : Clément XIV, Pie VI et Pie VII, dont deux furent emprisonnés par la France.
Le pape Pie VI condamne la France révolutionnaire
Dès la période révolutionnaire, les relations entre la France et le Saint-Siège se tendent brutalement, en particulier autour de la Constitution civile du clergé (1790), qui réorganise l'Église de France sans l’aval du pape. Pie VI, pape entre 1775 et 1799, condamne la Constitution civile du clergé ainsi que la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.
Des contentieux territoriaux s’ajoutent à ces désaccords spirituels. En 1791, les troupes françaises s'emparent du Comtat Venaissin (un État pontifical situé dans la région d'Avignon) et son annexion à la France est décrétée par l’Assemblée nationale. Après la prise de Rome par les Français en 1798, Pie VI est arrêté et envoyé en exil. Il meurt à Valence le 29 août 1799. "La mort de Pie VI a eu des conséquences absolument terribles puisque tout d'un coup, l'Église se trouve sans pape. C'est un événement quasiment sans précédent depuis la papauté d'Avignon", explique Jean-Marc Ticchi, docteur en histoire.
Un nouveau pape, élu le 14 mars 1800, lui succède. Barnaba Chiaramonti, qui prend le nom de Pie VII, connaît un destin étonnamment similaire à son prédécesseur, puisqu’il est lui aussi arrêté et détenu par la France à la fin de sa vie. Comment les tensions avec le Saint-Siège ont-elles pu atteindre un tel point de rupture ?
Pie VII, dans l'ombre de Napoléon ?
Tout avait pourtant commencé sous le signe de l’apaisement, lorsque Napoléon Bonaparte signe, le 15 juillet 1801, le Concordat avec Pie VII, et met fin au schisme né de la Constitution civile du clergé. "On reprend en fait les termes du concordat de Bologne" de 1516, explique l'historien Jacques-Olivier Boudon, professeur d'histoire contemporaine à Sorbonne Université. Les évêques sont désormais nommés par le chef de l’État, le Premier Consul, mais ils reçoivent du pape leur investiture canonique. "L'idée de Bonaparte, c'est en effet de faire la paix religieuse, de réunir les deux Églises qui se sont opposées pendant la Révolution : l'Église réfractaire et l'Église constitutionnelle."
Pourtant, rapidement, une pomme de discorde apparaît : les articles organiques, ajoutés unilatéralement par la France en 1802. Le pape s’oppose à ces dispositions qui limitent son pouvoir. Il espère pouvoir renégocier les termes de cet accord, ce qui conditionne en partie sa visite en France en 1804-1805 pour le sacre de Napoléon.
Le souverain pontife accepte en effet d’assister au sacre du 2 décembre 1804 et de faire bénéficier le futur empereur de son pouvoir spirituel et symbolique, que Napoléon entend bien capter pour le mettre au service de sa gloire impériale. Cependant, puisque Napoléon a décidé de se sacrer lui-même, le pape apparaît cantonné à un rôle secondaire, ce dont il est forcé de s'accommoder. Il n’obtient pas gain de cause sur les articles organiques. Néanmoins, Pie VII quitte la France "satisfait de voir la popularité qui est la sienne", affirme Jacques-Olivier Boudon : "Il visite les principales églises de Paris, il va à Versailles. Donc finalement, il s'aperçoit que le catholicisme n'est pas mort en France."
L'excommunication de Napoléon met le feu aux poudres
Les tensions entre Napoléon et Pie VII sont ravivées par le refus du pape du blocus continental contre l’Angleterre, en 1806. En 1808, Rome est occupée militairement par les Français, et en 1809, les États pontificaux et Rome sont intégrés à l'Empire français. C’est là un affront pour le souverain pontife. Dès lors, il refuse de donner l'investiture canonique aux évêques français. Il excommunie également Napoléon en signe de protesta