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Back to EpisodesPhotographie, objectif patrimoine : Appel à collecte ! Des photos pour les archives
Description
Quelle place pour la photographie dans les archives ? Elles accueillent autant les archives publiques, que privées. Ces albums, ou ces boîtes pleines de photos, dont nous avons parfois hérité, restent souvent fermés pendant des années, oubliés au fond d’un placard. Puis un jour, au hasard d’un rangement ou d’un déménagement, nous les retrouvons. La règle d’or pour les archivistes, les historiens, les historiennes, et nous-mêmes : il faut toujours écrire, au dos de la photo, la date, le lieu, et les personnes représentées, en précisant l’événement. La photo n’en a que plus de valeur historique : elle devient compréhensible.
Le temps du don ou du dépôt
Les archives nationales et départementales peuvent lancer des appels publics où elles invitent les particuliers à faire don de photographies (soit de l’image elle-même, soit d’une copie numérisée). La première grande collecte est lancée en 2013, pour rassembler des photographies de la Première Guerre mondiale. Marie-Ève Bouillon, conservatrice du patrimoine à la Mission photographie aux Archives nationales, souligne que cette collecte "a été essentielle pour combler un certain nombre de manques liés [aux] histoires particulières et [l']intérêt croissant pour la microhistoire, du côté des historiens". Cette modalité de collecte s’ajoute aux versements réglementaires, issus des institutions publiques et organismes de l’État, qui sont le principal moyen pour les archives publiques d’enrichir leurs collections. Des dons spontanés peuvent également être accueillis.
Pour les archives départementales, l’enjeu premier est de collecter des photographies de lieux, et éventuellement de personnes, d’événements ou de savoir-faire, car elles représentent un territoire donné. Il est essentiel, dans la mesure du possible, de savoir où et quand la photographie a été prise, et qui apparaît dessus. Le temps de collecte sert aussi à noter ces informations et à les associer aux images recueillies, même s’il faut parfois accepter que ces données ont disparu. Gaël Chenard, directeur des Archives départementales et des affaires culturelles de la Creuse, insiste sur l'importance de la discussion avec les personnes qui viennent déposer un fonds. "Si vous ne recueillez pas [les informations] au moment où la personne a décidé de prendre du temps pour transmettre son histoire, lorsqu'elle la connaît, vous n'aurez peut-être plus jamais cette occasion. Vous condamnez les photos à une espèce de mutisme, ou, en tout cas, à un discours qui n'est que celui porté par le support visuel."
Dans un second temps, des enquêtes peuvent être engagées par des générations d’archivistes qui tentent de reconstituer le contexte de production des images.
Le temps de la conservation
Les masses documentaires gérées par les archives sont énormes et engagent des processus de dépôt, de conservation, d’indexation, de numérisation et de publication complexes. Les Archives nationales, par exemple, comptent environ 2,9 millions de photographies. La question du stockage, physique comme numérique, est un enjeu pour les archives publiques comme privées. Les photographies argentiques doivent également être manipulées avec précaution, car elles s’altèrent facilement. Il faut les maintenir dans des conditions hygrométriques stables – c'est-à-dire la quantité de vapeur d'eau contenue dans l'air humide – et à une température d’environ 15 degrés.
Les archives photographiques intéressent les particuliers, qui peuvent être amenés à consulter des documents pour nourrir une recherche sur leur histoire familiale et leur généalogie. Les chercheurs et chercheuses, en histoire, en sociologie, en anthropologie, en sont également friands.
Les archives nationales et départementales ont à cœur de valoriser leurs fonds photographiques et organisent régulièrement des expositions pour présenter au p