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Back to EpisodesÉdition, une histoire sous contrôle : Couvertures de livres, l'art d'emballer
Description
La couverture est la première chose que nous rencontrons du livre, posé sur la table d’un libraire. Rigide ou souple, sobre ou en couleur, avec ou sans bandeau, elle accroche le regard car elle étonne ou elle rassure. Pour autant, les livres n'en ont pas toujours été pourvus. Reliure, cartonnage, couverture, jaquette, bandeau… Quelle est l'histoire des parures de livres ?
Avant la couverture, des livres sous reliure
Sous l’Ancien Régime, les livres sont des cahiers cousus donnés sans couverture sur les comptoirs des librairies. Le livre est parfois vendu "en blanc", c’est-à-dire recouvert d'une page blanche sans information, afin de protéger le tout. Les informations qui permettent d’identifier l’auteur ou le libraire-imprimeur se situent sur la page de titre. Quand l’acheteur en a les moyens, il peut porter ce cahier de feuilles chez un relieur pour réaliser une couverture plus solide. Sous l'Ancien Régime, ces reliures sont souvent simples, précise Jean-Marc Chatelain, directeur de la Réserve des livres rares de la Bibliothèque nationale de France. "Le travail de reliure, à la différence de ce qui existe aujourd'hui, était très peu coûteux." Les reliures sont généralement habillées de cuir et d’or. Les décors des livres s'approchent des arts décoratifs. Le relieur fait généralement un cadre sur le plat de la couverture du livre. Autour de cette composition, il peut ajouter du feuillage ou des arabesques, par exemple. La reliure est néanmoins à distinguer des couvertures, car elle ne comporte aucune information d'identification sur le plat. "L'identification est sur le dos. Elle est souvent très sommaire, parce que les relieurs disposent de peu de poinçons pour inscrire du texte", explique Clémence Imbert, historienne de l’art et du graphisme, autrice des Couvertures de livres. Une histoire graphique (Actes Sud, 2022).
La couverture : premier visage de l’éditeur
À partir du 19ᵉ siècle, la structuration du monde de l’édition transforme le rapport des lecteurs et des lectrices au livre. Les ouvrages sont à présent des objets visuels contemplés dans les vitrines des bibliothèques de gare ou sur les tables des librairies. La couverture du livre devient un enjeu central pour l’éditeur et son identification auprès du public. Les cartonnages d’éditeurs, réalisés en carton recouverts de toile ou de papier, se multiplient. Les éditions Hetzel, par exemple, publient les romans de Jules Verne sous deux formes, soit sous couverture brochée, à modeste coût, soit en cartonnage rouge et or, décoré de motifs de voyage. Ces compositions sont notamment destinées aux livres de présent, que "la société commence à considérer comme un cadeau" et qui favorisent l'émergence de "couvertures très décoratives et d'aspect luxueux", raconte Clémence Imbert.
Sur les couvertures imprimées, la typographie joue aussi un rôle central. Le titre, le nom de l’auteur ou de l'autrice, et de la maison d'édition migrent de l’intérieur du livre vers la couverture. Le choix de la couleur et du papier sont centraux. Jaune pour Grasset, blanc crème pour Gallimard, blanc clair pour les Éditions de Minuit. Les maisons d’édition tentent de se distinguer de leurs concurrentes par une composition originale.
Quand l’image s’invite en couverture
Au début du 20ᵉ siècle, l’illustration dessinée puis la photographie intègrent davantage les éditions populaires, en particulier les romans policiers. En France, l’illustration trouve son acmé à travers le livre de poche qui accorde une grande place à l’image par rapport au texte. Des graphistes comme Pierre Faucheux ou Robert Massin contribuent à redessiner la composition de certaines couvertures de maisons d’édition et font de la conception des couvertures de livre un savoir-faire à part entière. Malgré l’avènement du numérique, les couvertures de livres continuent de fasciner les lectrices et lecteurs. L'objet livre n’a pas dit son