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Dette : alerte rouge en France... et dans le monde - L'intégrale -

Dette : alerte rouge en France... et dans le monde - L'intégrale -

Published 21 hours ago
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C dans l’air du 3 septembre 2026 - Dette : alerte rouge en France... et dans le monde

Ce sont des chiffres qui donnent le vertige. Aux États-Unis, le taux des emprunts à dix ans a récemment flirté avec les 5 %. Au Japon, il vient de franchir les 3 %, un niveau que le pays n’avait plus connu depuis trente ans. Au Royaume-Uni, il atteint 5, 22 %. Et en France, le coût de la dette ne cesse de grimper. Elle a payé mercredi 4,27 % de taux d'intérêt pour les emprunts qu'elle devra rembourser d'ici dix ans. C'est plus que la Grèce, et du jamais vu depuis 2008.

Après des années d’argent presque gratuit, le monde découvre une nouvelle réalité : emprunter coûte cher, et cela change tout. Alors pourquoi les taux d’intérêt flambent-ils ? Chocs géopolitiques à répétition, inflation et bataille pour l’épargne disponible entre États endettés et géants de la tech… Jusqu’où cette remontée des taux peut-elle aller ? Et avec quelles conséquences en cascade ?

Pour les ménages, les crédits immobiliers vont coûter plus cher. En France, les taux moyens de ces crédits sont déjà passés en août à 3,23 % sur 15 ans (+ 0,07 point en un mois), 3,43 % sur 20 ans (+ 0,13) et 3,53 % sur 25 ans (+ 0,10), détaille Cafpi dans une note publiée mardi. Plus largement, les populations paient de plus en plus cher pour emprunter, avec le risque de plonger les Etats dans la récession.

Derrière cette remontée mondiale des taux, il y a aussi une autre menace : l’inflation. La guerre et les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient, peuvent provoquer de nouvelles flambées des prix de l’énergie et des matières premières. Et une énergie plus chère se transmet rapidement au prix des transports, de l’alimentation et de nombreux biens et services. Un scénario que les banques centrales redoutent : une inflation qui repart alors même que les économies ralentissent.

Et la France est particulièrement exposée à cette équation complexe. Car la remontée des taux va aussi augmenter la charge des intérêts de la dette qui dépasse désormais les 3 500 milliards d’euros. Elle devrait atteindre 64 milliards d’euros sur l’ensemble de l’année 2026, anticipait le ministre de l’Économie Roland Lescure fin juin, avant le passage des 4 % à dix ans. En 2027, elle pourrait atteindre environ 74 milliards d’euros. Une somme vertigineuse, supérieure au budget consacré à certains ministères régaliens, que le gouvernement doit intégrer dans la préparation du budget 2027 particulièrement difficile. D’autant que le calendrier électoral rend la situation encore plus explosive. 2027 sera l’année de l’élection présidentielle. La dette comme le pouvoir d’achat devrait s’imposer comme l’un des grands sujets de la campagne. Avec une question qui sera impossible à éviter : qui doit payer ?

Pendant ce temps, sur le terrain, les entreprises commencent à payer le prix de cette conjoncture. Là encore, les chiffres sont préoccupants. Plus de 70 000 défaillances d’entreprises ont été enregistrées sur douze mois à la fin du premier semestre 2026. Les procédures collectives restent à des niveaux élevés et continuent de progresser. Pour les entreprises les plus fragiles, la remontée des taux peut être le choc de trop. Nos journalistes sont allés à la rencontre d’un entrepreneur qui se bat depuis plusieurs mois pour éviter le dépôt de bilan.



Nos experts :

- Dominique SEUX - Éditorialiste aux Echos et sur France Inter
- Mathieu PLANE - Économiste - OFCE - Observatoire Français des Conjonctures Économiques
- Stéphanie VILLERS - Économiste, conseillère économique de PwC France
- Gaëlle MACKE - Journaliste économique- Ex-directrice déléguée de la rédaction - Challenges

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