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Back to EpisodesLe climat et les humains : Climat, histoire d'un intérêt scientifique
Description
Jusqu’à la période moderne, les savants se basent sur les théories d’Aristote et son traité Météorologiques, en quatre livres, pour étudier l’atmosphère. L'approche du climat est géographique avec une division par zones de latitude. Cette notion de zone fait "la jonction [entre] le climat astronomique, géodésique, et les caractéristiques de l'hydrographie, des montagnes, des forêts, etc.", explique l'historien Jean-Baptiste Fressoz, auteur avec Fabien Locher des Révoltes du ciel. Une histoire du changement climatique. XVᵉ-XXᵉ siècle (Seuil, 2020). Les savants observent avant tout les événements exceptionnels.
Observer jour après jour
À partir du 17ᵉ siècle, au moment de l'avènement d'une nouvelle science, l’état de l’atmosphère commence à être enregistré jour après jour. "La naissance de la météorologie scientifique tient non pas au thermomètre, mais à un objet encore plus basique, le cahier", remarque Jean-Baptiste Fressoz. Cette discipline quotidienne et régulière produit des savoirs sur les lois de la nature et postule que "ce qui est important, c'est le banal".
À la fin du 18ᵉ siècle, la climatologie historique émerge. De nombreux scientifiques européens commencent à étudier les évolutions du climat sur le temps long. Des réseaux météorologiques se créent à l'échelle européenne et internationale avec la "volonté de collaborer, d'échanger des données et de produire des savoirs", raconte l'historien Simon Dolet. Les savants analysent les registres d’observation passés et en extraient les informations pour réfléchir aux sécheresses, aux tempêtes ou aux grands froids. Ces données sont classifiées et comparées pour donner un sens aux évolutions du climat. Cependant, ils font face à un défi de taille avec "l'accumulation de données", dont "l'humain ne peut quasiment pas déduire" des hypothèses, précise Simon Dolet.
Les savants s'appuient également sur l'étude de différents types de "proxys" climatiques – des "preuves indirectes" du changement du climat. Ils relèvent la hauteur des fleuves, l'étagement de la végétation ou encore le mouvement des glaciers. Ces démarches savantes entendent contredire la thèse de Buffon selon laquelle il y aurait un refroidissement inexorable de la Terre.
La crainte du réchauffement climatique
La crainte du réchauffement climatique émerge à la fin du 18ᵉ siècle et se diffuse après la Révolution française, qui "paraît être une rupture dans la gestion forestière. L'élite parisienne a peur d'une dégradation du climat" liée à la quantité de bois coupé, rapporte Jean-Baptiste Fressoz.
Au 19ᵉ siècle, de nouvelles réflexions scientifiques sur le climat émergent. L’éruption du volcan Tambora, à l’est de Java dans l’actuelle Indonésie, en 1815, lance un cycle d’études sur le climat. En 1821, l’État français lance une grande enquête pour étudier les liens entre la déforestation et le changement climatique. En Suisse, les travaux d'Ignace Venetz, suivis de ceux de Louis Agassiz, posent les bases de la théorie des âges glaciaires, qui postule que le climat connaît des périodes de refroidissement global au cours desquelles des calottes glaciaires s’étendent au-delà de leurs limites actuelles. Cette théorie transforme profondément le discours des relations entre les humains et le climat. À partir du 20ᵉ siècle, l’essor des mathématiques puis des ordinateurs transforme le rapport des scientifiques au climat. L'histoire du climat se poursuit et s'approfondit.
En fin d’émission
Valérie Hannin, directrice de rédaction du magazine L'Histoire, présente le numéro de septembre 2026 : "Les mondes celtes. L’autre civilisation européenne à l’Âge du fer".
Pour aller plus loin
Simon Dolet est historien, attaché temporaire d'enseignement et de recherche (ATER) en histoire moderne à l’Universit