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Back to EpisodesScience-fiction africaine: la série futuriste kenyane qui aborde les défis sociétaux contemporains [3/5]
Description
Cette semaine, RFI vous emmène à la découverte de l’imaginaire de science-fiction africain. Aujourd’hui, rendez-vous au Kenya, avec Subterranea, une série mêlant SF et psychologie, dont les huit épisodes sont sortis en 2024 sur Showmax. Le pitch : huit Kényans coincés dans un bunker qui tentent de survivre, persuadés qu’à l’extérieur, le monde s’effondre. Une série qui explore un genre encore peu exploité au Kenya.
De notre correspondante à Nairobi,
Une alarme d’autodestruction, des personnages assassinés... Dès les premières secondes, Subterranea plonge dans le feu de l’action. La série suit huit Kényans coincés dans un bunker, persuadés que Nairobi subit une attaque. Très vite, le spectateur apprend qu’ils font en réalité l’objet d’une expérience psychologique. Subterranea assume la science-fiction, un genre encore peu exploré au Kenya, reconnaît Brian Munene, scénariste et producteur.
« Notre marché est largement saturé de drames familiaux et de comédies familiales. On se demandait donc si le public allait comprendre ce projet et si nous serions capables de le réaliser comme nous l’avions imaginé, compte tenu des contraintes budgétaires. Mais finalement, nous nous sommes dit : "Faisons-le". Ce que nous avons cherché à faire, c’est ancrer la série dans des personnages auxquels les Kényans peuvent facilement s’identifier, des situations qu’ils peuvent comprendre et envers lesquelles ils peuvent éprouver de l’empathie. »
Dérives sectaires, avortement, dépression ou encore problèmes d’addiction... Les personnages soulèvent divers enjeux sociétaux qui permettent aussi de parler, dans la série, du Kenya d’aujourd’hui. « Beaucoup de gens sont confrontés à ces difficultés, mais elles sont rarement mises en avant à la télévision ou au cinéma, en particulier en Afrique de l’Est. Lorsque nous avons choisi les huit personnages que nous voulions placer dans le bunker, nous avons donc été très attentifs à représenter ces Kényans qui ont besoin que leur voix soit entendue », ajoute Brian Munene.
Pour survivre dans le bunker, les huit Kényans doivent s’entraider. C’est tout le message de la série selon Likarion Wainaina, réalisateur et producteur. Il s’exprime depuis la terrasse d’un café à Nairobi. « Les Kényans parviennent à se mobiliser lorsqu’ils poursuivent un objectif commun, et cela naît souvent d’une situation de pression. On l’a vu avec le mouvement Gen Z. Nous nous sommes demandé : comment mettre en lumière cette idée de communauté, alors même qu’elle est en train de s’effriter aujourd’hui, notamment à cause de l’urbanisation croissante ? L’idée est venue : et si nous mettions des Kényans dans un bunker et les forcions à former une communauté ? Des personnes issues de différents groupes ethniques, de différents âges et de différentes religions, qui finissent malgré tout par se comprendre les unes les autres. »
Ce producteur espère voir de plus en plus de science-fiction naître du continent africain, par exemple en adaptant les contes locaux sur grand écran.
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