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Back to EpisodesScience-fiction africaine: au Nigeria, les séries afro-futuristes de Nollywood [1/5]
Description
Lorsqu’on pense au cinéma et au Nigeria, vient tout de suite en tête le célèbre Nollywood et ses films et séries dramatiques au ton théâtral. Mais parmi les 2 500 réalisations produites, aucune œuvre de science-fiction. Le genre est en revanche bien présent en ligne avec des réalisations à l’opposé du blockbuster américain Black Panther et qui revendiquent ces racines africaines. Ce mélange d’influences entre tradition africaine et science-fiction est défini par l’autrice nigériane Nnedi Okorafor comme l’afro-futurisme. L’intelligence artificielle générative a aussi donné « aux créateurs africains des superpouvoirs sans budgets hollywoodiens », selon le fondateur du premier festival du film d’intelligence artificielle africain, Obinna Okerekeocha.
De notre correspondante à Lagos,
Ola, un jeune homme qui naviguait dans les tumultes de l’adolescence se retrouve également à composer avec les super-pouvoirs d’une divinité Yoruba dont il est la réincarnation. C’est l’intrigue du court métrage Ogun Ola: the war is coming, réalisé par le collectif nigérian The Critics.
Victor Josiah, l’un des cinq réalisateurs du groupe, revendique l’appartenance à ce genre où les imaginaires sont inspirés et racontés par des Africains. « Nous avions une passion ou un intérêt similaire pour les films hollywoodiens, ce sont les films de super-héros que nous avons regardés : Spiderman, Superman, et les autres. Et nous voulions cela dans un sens pour Nollywood. Nous voulions ça pour le Nigeria. Et nous voulions aussi avoir nos propres super-héros, nous voulions avoir nos propres films dont nous pourrions nous vanter et en être fiers », explique-t-il.
Nollywood, deuxième industrie cinématographique mondiale, n’a vu émerger son premier long métrage de science-fiction qu’en 2020 : Ratnik, du regretté réalisateur Dimeji Ajibola, qui plonge Lagos dans un univers post-apocalyptique. En revanche, la production est bien plus développée en ligne, où de jeunes réalisateurs s’essayent au genre, parfois uniquement munis de leurs téléphones et de logiciels gratuits.
C’est le cas de Divine Xaendra Odera, diplômée en art théâtral à l’université de Benin City. Elle écrit, produit et monte ses propres réalisations. « Le genre lui-même est déjà quelque chose qui nécessite généralement un énorme budget juste pour être exécuté. Je réalise que si nous avions plus de gens qui osaient commencer avec ce qu’ils avaient, malgré les détails techniques qu’il faudrait pour le genre, alors cela inspirerait la prochaine génération de cinéastes à faire plus », détaille-t-elle.
L'intelligence artificielle, une aide à la création ?
À Lagos, l’agence créative Vortex, fondée en 2013, a d’abord été une maison d’édition de bandes dessinées avant de devenir un studio d’animation mettant en avant la science-fiction africaine. Pour Somto Ajuluchukwu, son fondateur, l’intelligence artificielle peut favoriser la création. « Ce que vous imaginez peut prendre vie, vous savez, peu importe à quel point c’est fou, c’est aussi ce qui m’excite dans l’IA. Ce même niveau de flexibilité pour créer. Je pense donc que l’IA fournit en quelque sorte cette solution pour pouvoir imaginer et voir à quoi peut ressembler l’imagination », souligne-t-il.
En septembre prochain se tiendra la seconde édition du Naija AI Festival, dédiée aux films africains créés à l’aide de l’intelligence artificielle. L’an dernier, plus de 300 productions y avaient été présentées.
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