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Back to EpisodesLes "mystères" de l’histoire : Loup, y es-tu ? Quels visages donner à la bête du Gévaudan ?
Description
Rediffusion de l'épisode du 2022-12-22
Cette émission s'inscrit dans la programmation "L'Étrange Noël de France Culture".
Dans l’ancienne région du Gévaudan, qui correspond à l’actuel département de la Lozère, une région d’élevage montagneuse et forestière, le 30 juin 1764, une bête insaisissable fait une première victime. La jeune Jeanne Boulet, quatorze ans, est tuée près de Langogne. Tout au long de l’été 1764, les attaques continuent, tandis que les paysans organisent des battues pour traquer la bête anthropophage. Certaines confrontations entre la bête et des bergers et des bergères locaux rentrent dans les annales, à la fois par la férocité dont fait preuve la bête, qui attaque parfois même à proximité des habitations, et le courage de certaines de ses victimes, qui parviennent à lui échapper et à sauver les leurs. Jacques Portefaix, Jeanne Jouve ou Marie-Jeanne Vallet, surnommée la Pucelle du Gévaudan, sont quelques-uns de ces héros. Il demeure néanmoins impossible de mettre la main sur la bête, qui semble résister aux coups et aux blessures et reparaître toujours aussi assoiffée de sang.
Une affaire médiatique et politique
L'écho de ce mystère sanglant est tel que la presse nationale et même internationale s’en emparent. Le Courrier d’Avignon ou La Gazette de France publient de nombreux articles et des gravures qui diffusent une image fantasmée de la bête. Fléau divin envoyé pour punir les pécheurs selon l’évêque de Mende, loup-garou, animal exotique, créature monstrueuse et surnaturelle… Les hypothèses, toutes plus farfelues les unes que les autres, agitent et déchirent les contemporains.
Le roi Louis XV lui-même ne tarde pas à intervenir, notamment en envoyant en Gévaudan son porte-arquebuse, François Antoine. Le 20 septembre 1765, celui-ci abat un loup de taille exceptionnelle, qui est reconnu par plusieurs victimes de la bête, dont Marie-Jeanne Vallet, comme l’animal auquel ils ont été confrontés. La dépouille est empaillée et apportée à Versailles où elle est exposée dans les jardins du roi. L'affaire semble close. La cour et la presse ne se préoccupent plus beaucoup de l’affaire.
Une bête réapparaissante...
En décembre 1765 pourtant, les attaques reprennent. La population continue à organiser des battues et des chasses, en vain. Jusqu’à ce jour de juin 1767, où Jean Chastel, un paysan du pays, tue un animal de grande taille, qui est identifié comme un loup ou comme un canidé ressemblant à un loup. Les attaques cessent alors, et la sanglante histoire de la bête du Gévaudan semble toucher à sa fin.
Ce n’est que le début du mythe de la bête du Gévaudan, qui a suscité jusqu’à aujourd'hui un engouement impressionnant, une vaste littérature scientifique et pseudo-scientifique, de multiples interprétations et fictionnalisations théâtrales, romanesques ou cinématographiques. La fiction popularise ainsi la thèse selon laquelle la bête du Gévaudan dissimulerait un sérial killer, un pervers sexuel, ou serait une bête dressée par un fou qui lui aurait appris à s’en prendre aux humains. Certains protagonistes réels de l’affaire, comme Antoine Chastel, le fils de Jean Chastel, ou le comte de Morangiès, sont accusés rétrospectivement d’avoir une responsabilité dans les crimes de la bête. Une veine romantique ou franchement fantastique se développe chez les chroniqueurs de l'affaire, ce qui contribue à la notoriété de la bête du Gévaudan. Le roman d’Abel Chevalley, La Bête du Gévaudan, paru en 1936, ou le film Le Pacte des loups de Christophe Gans, sorti en 2001, sont ainsi des interprétations fictionnelles de l’affaire qui ont durablement marqué les esprits, même si elles ne reposent sur aucune preuve historique.
Le "mystère" de la bête du Gévaudan
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