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Back to EpisodesDiasporas commerçantes: les Indo-Ougandais, poids lourd de l'économie du pays [2/5]
Description
Toute cette semaine Aujourd'hui l'économie vous propose de partir à la rencontre des diasporas commerçantes. Mardi 11 août, on vous raconte l'histoire d'une communauté discrète mais essentielle à l'économie ougandaise : les Indo-Ougandais. Leur population est aujourd'hui estimée à environ 35 000 personnes.
« Vous venez d'Ouganda ? » demande un interlocuteur surpris. « Oui. Ma famille a été expulsée en 1972. Ils sont devenus des réfugiés à Londres et après la chute d'Idi Amin Dada, ils sont revenus en Ouganda », explique celui qui est devenu l'un des visages politiques les plus connus des États-Unis.
Mais avant de devenir maire de New York, Zohran Mamdani a connu Kampala, où il est né. Son père, Mahmood Mamdani, est une figure locale de la diaspora indienne du pays. C'est au XIXe siècle qu'une importante communauté indienne s'est installée sur les terres de ce qui allait devenir l'Ouganda. Une installation liée aux perspectives de contrat de travail proposées par le colonisateur britannique. Beaucoup d'immigrés indiens sont alors à la recherche d'un meilleur avenir, comme le rappelle l'historien Gérard Prunier. « Une plaisanterie anglaise est de dire : "l'Afrique de l'Est, c'est l'Amérique de l'Indien", c'est-à-dire ils viennent là comme les Italiens vont en Argentine. »
La réussite économique de la communauté suscite jalousie
Ces nouveaux arrivants vont s'installer dans des villes, mais aussi et surtout dans les campagnes parfois reculées, ouvrant de petits commerces. Une communauté, les « Dukawalla », qui va créer un véritable tissu économique. La diaspora s'organise aussi autour de grandes familles, comme l'explique la chercheuse Sandrine Perrot du Centre international de recherches de Sciences Po. « Les grandes familles qui ont construit aussi toute l'agriculture d'exportation autour, notamment avec des grosses exploitations. On parle vraiment de familles installées depuis très longtemps. »
Et cette réussite économique dont parle Sandrine Perrot ne va pas sans susciter de jalousie avec, dans les années 1940-1950, les premières manifestations et boycotts de magasins indiens. Les manifestants dénoncent leur suprématie économique. Mais le point de rupture intervient des années plus tard en 1972, l'expulsion de toutes les populations asiatiques d'Ouganda est ordonnée par Idi Amin Dada, qui a pris le pouvoir par la force. Dans un extrait de ses discours, il dit : « C'est vrai, ils sont restés à l'écart, au sein d'une communauté fermée. Ils ont bridé l'économie du pays. »
« La diaspora indienne présente en Ouganda contribuerait à 60 % du PNB »
En l'espace de trois mois, l'Ouganda perd de très nombreux commerçants, des membres de l'administration publique, de l'industrie. L'économie ougandaise plonge dans la crise, désormais déconnectée de tous ses réseaux d'import-export que la diaspora avait tissés. Il faudra attendre 1986 pour que Yoweri Museveni, prenant les rênes de l'Ouganda, incite ses communautés à revenir au pays. Un retour s'opère petit à petit via un système de compensation. Depuis, Yoweri Museveni s'est appuyé sur cette diaspora qui a continué d'avoir un poids essentiel dans l'économie ougandaise, comme l'explique la chercheuse Sandrine Perrot.
« La diaspora indienne présente en Ouganda contribuerait à 60 % du PNB. On a encore des figures de millionnaires, multimillionnaires et qui sont très proches des premiers cercles du pouvoir et qui ont bâti vraiment des empires. »
Reste aujourd'hui la question de la reconnaissance offic