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Back to EpisodesRay-Ban: pourquoi la succession du fondateur menace un empire de 46 milliards de dollars
Description
Derrière les célèbres lunettes Ray-Ban se cache un empire industriel de plusieurs dizaines de milliards d'euros. Quatre ans après la mort du fondateur de Luxottica, Leonardo Del Vecchio, ses héritiers, devenus actionnaires de la holding familiale Delfin, se disputent la répartition de son capital.
Ray-Ban est l'une des marques les plus célèbres au monde. Popularisées notamment par Tom Cruise dans Top Gun, ces lunettes sont devenues une véritable icône. Mais derrière cette marque mythique se cache un gigantesque groupe européen : EssilorLuxottica. À l'origine de cet empire, l'entrepreneur italien Leonardo Del Vecchio. Tout au long de sa vie, l'homme d'affaires a construit méthodiquement Luxottica jusqu'à en faire le leader mondial de la lunette. Son intuition est simple : une paire de lunettes n'est pas seulement un objet destiné à corriger la vue, c'est aussi un accessoire de mode. Il rachète ainsi des marques prestigieuses comme Ray-Ban ou Oakley, signe des licences avec les plus grandes maisons de luxe et développe ses propres réseaux de distribution. Son objectif est clair : maîtriser toute la chaîne de valeur, de la conception des montures jusqu'au client final. En 2018, Luxottica franchit une nouvelle étape en fusionnant avec le français Essilor, spécialiste mondial des verres correcteurs. Naît alors EssilorLuxottica, un mastodonte mondial de l'optique.
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Pourquoi les héritiers de Leonardo Del Vecchio se déchirent-ils ?
À la mort de Leonardo Del Vecchio, en 2022, ses héritiers deviennent actionnaires de la holding familiale Delfin, dont le patrimoine était alors évalué à plusieurs dizaines de milliards d'euros. Les huit ayants droit – ses six enfants, sa veuve et son beau-fils – détiennent chacun 12,5% du capital de la holding. Sur le papier, cette répartition paraît équitable. Dans les faits, elle peut compliquer la prise de décision au sein de Delfin. Avec 12,5% du capital chacun, aucun actionnaire ne dispose d'une majorité et les grandes décisions doivent faire l'objet d'un accord entre les différents actionnaires.
L'un des fils de Leonardo Del Vecchio souhaite aujourd'hui sortir de cette situation. Son projet consiste à racheter les parts de son frère et de sa sœur pour un montant estimé à près de 10 milliards d'euros. S'il y parvient, il détiendrait 37,5 % de Delfin. Il ne serait pas majoritaire, mais deviendrait de très loin le principal actionnaire de la holding familiale. Il pourrait ainsi peser davantage dans les décisions concernant Delfin. Mais ce plan se heurte à plusieurs obstacles. Réunir 10 milliards d'euros, même pour l'une des familles les plus riches d'Europe, est une opération complexe. Les banques impliquées réclament davantage de garanties et le conseil d'administration de Delfin est lui-même divisé. Certains administrateurs refusent d'apporter leur soutien au projet, ce qui place aujourd'hui cette opération dans une impasse.
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Pourquoi cette succession dépasse largement le marché des lunettes
Si cette affaire familiale est suivie de près par les investisseurs, c'est notamment parce que Delfin détient une participation importante dans EssilorLuxottica. La holding familiale possède 32,26 % du capital du groupe d'optique, avec des droits de vote statutairement plafonnés