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Back to EpisodesCiel ! Histoires d’envol : S’envoyer en l’air, l’aventure des ballons et des dirigeables
Description
Rediffusion de l'épisode du 2024-03-12
Quelle audace que celle des aventuriers et des aventurières du ciel ! Quelle confiance dans la science et dans le savoir, au moment de prendre de l’altitude ! Pour celles et ceux qui s’élèvent, l’émotion et le risque sont intenses, et pour le public aussi. Air chaud ou gaz, avec ou sans moteur, ballon libre ou captif, voici une histoire captivante.
Le rêve de voler devient réalité
L’aérostation utilise les propriétés de gaz plus légers que l’air, comme l’hydrogène, l’hélium, ou encore l’air chaud, afin de maintenir une machine volante en équilibre dans l’atmosphère. À la fin du siècle des Lumières, la découverte et l’identification des différents "types d’air", à savoir les gaz, rendent possible la construction d’aérostats. Ces machines volantes, aisément reproductibles, rendent l’aérostation populaire dès le premier vol habité dans le ballon des frères Montgolfier à Paris, en septembre 1783 : les expériences en ballon attirent les foules et sont répétées en province comme à l’étranger. "Avec la découverte de l'aérostation, on passe du rêve à la réalité. Mais ce n'est pas que l'affaire des frères Montgolfier, c'est toute une société et une multitude d'inventeurs, d'entrepreneurs, d'expérimentateurs qui ouvrent ce nouveau chapitre", observe l'historienne Marie Thébaud-Sorger.
Quels usages pour l'aérostation ?
Au XIXe siècle, l’aérostation se développe à des fins scientifiques et militaires : Nadar s’en sert ainsi pour réaliser les premières photographies aériennes dans le ciel de Paris en 1858 et c’est en ballon que Gambetta parvient à échapper à l’encerclement de Paris par les Prussiens en 1870. Toutefois, tant que la direction du déplacement aérien n'est pas maîtrisée, l'aérostation reste avant tout utilisée dans les fêtes foraines, ce qui permet au savoir-faire de se transmettre et de se maintenir. "Le développement du marché du spectacle (aérostatique) va être remis en question à partir de la moitié du XIXe siècle, au moment où il y a un regain des expériences scientifiques et où une communauté scientifique commence à se structurer, avec la création de sociétés aérostatiques", explique l'historien Luc Robène.
À la Belle Époque, la pratique de l’aérostation se diffuse comme sport, avec une fascination pour les vitesses extrêmes et les records. Les femmes aéronautes, surnommées les "filles du ciel", sont nombreuses à investir cet espace de liberté aérien.
L'aventure des zeppelins
Le développement des zeppelins, ballons dirigeables propulsés au moteur à explosion et dont l’enveloppe est soutenue par un squelette rigide, permet après la Grande Guerre à l’aérostation de rester concurrentielle face à l’essor de l’aviation. Tours du monde et traversées transatlantiques en dirigeable s’enchaînent. Toutefois, l’incendie du plus célèbre d’entre eux, le Hindenburg, scelle la fin de l’aérostation. La chute du zeppelin géant en flamme est documentée en direct par le cinéma, la photographie et la radio, ce qui en fait la première catastrophe capturée sur le vif par les technologies modernes et l’érige en symbole de la fin de 150 ans d’aérostation.
Pour en savoir plus
Luc Robène est professeur à l’Université de Bordeaux. Il est notamment spécialiste d’histoire de la culture aérienne au XIXe siècle. Publications :
- L’Homme à la conquête de l’air. - 2. L’aventure aéronautique et sportive, 18e et 19e siècles, L’Harmattan, 1998
- L’Homme à la conquête de l’air. - 1. Le règne des aéronautes, 18e et 19e siècles, L’Harmattan, 1998
Marie Thébaud-Sorger est chargée de recherches au CNRS, chercheuse au Centre Alexandre Koyré (CNRS/EHESS/MNHN). Elle travaille sur l’histoire des inventions au siècle des Lumières, d’un point de vue social, et sur la naissance de l’aérostation. Publications :
- L’Emprise du vo