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Back to EpisodesFou d'histoire : Ariane Ascaride, histoires de luttes et de résistance
Description
Rediffusion de l'épisode du 2026-03-13
C’est un voyage qui s’offre à nous, de Marseille à Erevan, en passant par Naples. Ce sont des rencontres aussi, Marius et Jeannette, Missak et Mélinée, et tant d’autres. C'est l'histoire de gens dont les vies sont souvent invisibilisées et qui rendent Ariane Ascaride "folle d'histoire", ou plutôt fada d'histoire.
Marseille et sa mosaïque culturelle
Ariane Ascaride est née en 1954 à Marseille, ville-mosaïque vers laquelle ont historiquement convergé des flux migratoires. "À l'école, la mairie offrait des cahiers au début de l'année pour les élèves. Dans la quatrième de couverture, il y avait la légende de Gyptis et Protis. J'ai été élevée avec ça. Je viens d'une ville qui s'est constituée avec l'arrivée de l'étranger", se souvient Ariane Ascaride, à propos du mythe fondateur de Marseille. "La fille du chef du clan, au mois de mai, [à] l'époque où les filles choisissent leur mari, va choisir ce garçon, [un marin grec venu de Phocée, ndlr.] qui est arrivé en bateau."
Le père d'Ariane Ascaride est issu d’une famille italienne qui rejoint la France pour des raisons économiques. Pourtant, dans un souci d’intégration culturelle, il ne lui a jamais appris le napolitain. Plus tard, la comédienne s’est réapproprié cette histoire : elle tourne des films en Italie et en apprend la langue.
L'enfance marseillaise d'Ariane Ascaride est marquée par un père communiste et une tradition ouvrière et syndicaliste. Ces engagements la mènent vers des études en sociologie et sur les chemins du syndicat de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF). C’est par le militantisme qu’elle rencontre le réalisateur Robert Guédiguian, avec qui elle achève sa maîtrise de sociologie. En 1980, ils tournent ensemble Dernier été, premier film d’un long compagnonnage artistique. Ariane Ascaride incarne également ses engagements sociaux au cinéma. Dans La Pie voleuse (de Robert Guédiguian, 2025), elle joue Maria, auxiliaire de vie dont le conjoint est endetté. Dans Rouge midi (de Robert Guédiguian, 1983), elle est cette fois Maggiorina, une Calabraise qui a immigré vers l’Estaque, à Marseille, dans les années 1920. "Moi, en tant qu'artiste, c'est peut-être prétentieux à dire, mon rôle est de faire entendre la parole de ceux qu'on croise dans la rue et sur lesquels on ne se retourne pas. Mais c'est ceux-là qui font le monde", explique la comédienne.
Incarner la résistance
Ariane Ascaride s’intéresse aux histoires incarnées et rappelle son attachement aux résistantes Lucie Aubrac et Charlotte Delbo. Dès l’adolescence, elle lit le Journal d’Anne Frank et prête attention aux récits de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 1960, Marseille porte encore les traces du conflit, à l’image des impacts de balles sur les murs de la basilique Notre-Dame de la Garde. Son père, engagé dans la Résistance, ne lui en a jamais fait le récit.
Comme comédienne, Ariane Ascaride choisit des personnages qui s'opposent aux injustices et aux abus de pouvoir. Au théâtre, elle incarne Gisèle Halimi, dans l’adaptation théâtrale de Gisèle Halimi, une farouche liberté (co-écrit par Annick Cojean, 2020). Au cinéma, dans Les Héritiers (de Marie-Castille Mention-Schaar, 2014), elle est une professeure d’histoire-géographie qui inscrit sa classe de seconde au Concours national de la Résistance et de la Déportation.
Pour en savoir plus
Ariane Ascaride est en tournée pour la pièce Touchée par les fées, c