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Back to EpisodesFranco, histoire d'un dictateur : Le franquisme après Franco, histoire d'une mémoire douloureuse
Description
Rediffusion de l'épisode du 2025-11-20
Le 20 novembre 1975, meurt Franco, le Caudillo. Serait-ce la fin de la dictature ? Après quarante ans de dictature, d’assassinats, de répression féroce, de fosses communes et de bébés volés, comment opérer la transition vers la démocratie et quelle posture adopter ? Ouvrir grand les yeux ou mettre le passé de côté ?
La mort d'un dictateur signe-t-elle la fin d'un régime ?
Francisco Franco meurt le 20 novembre 1975. Il est enterré au Valle de los Caídos, à San Lorenzo de El Escorial, à proximité de Madrid. Ce mausolée avait été construit sur ses ordres, entre 1940 et 1958, par 20 000 prisonniers politiques, à la gloire des héros franquistes. "Au moment de la mort de Franco, une partie de l'Espagne célèbre cet événement, d'autres la pleurent. Des centaines de milliers de personnes viennent défiler devant le corps de Franco exposé à Madrid. La majorité de la société est inquiète et préoccupée de ce qui va se passer", relève l'historienne Sophie Baby, autrice de Juger Franco ? Impunité, réconciliation, mémoire (La Découverte, 2024). Un mois avant sa mort, en octobre 1975, alors qu’il sentait son état de santé se dégrader, Franco avait transféré tous ses pouvoirs à Juan Carlos, le petit-fils du roi Alphonse XIII, désigné comme son successeur dès 1969. Le 22 novembre 1975, Juan Carlos Iᵉʳ est proclamé roi d'Espagne.
Amnistie et transition démocratique
Bien qu’il soit proche de Franco, Juan Carlos Iᵉʳ assure la transition démocratique du pays dans les années qui suivent. Le franquisme ne survit pas longtemps sans Franco. "Cela fait longtemps qu'on parle de transition pour l'après Franco, aussi bien dans l'opposition que, depuis deux ou trois ans, dans les milieux réformistes du régime. [Ils] se sont regroupés autour d'un groupe de démocrates chrétiens, qui réfléchissent aux réformes possibles depuis l'intérieur du régime. Le concept de transition s'oppose à celui de révolution. La révolution des Œillets au Portugal est [un] repoussoir", fait remarquer Sophie Baby. L'historienne souligne que cette réforme est fondée sur la continuité entre l'ancien et le nouveau régime : "Et donc, sur l'absence de purge totale entre l'avant et l'après."
Les premières élections libres sont organisées en 1977, année qui voit aussi la promulgation de la loi d’amnistie, un texte décisif pour la mémoire du régime franquiste. Cette loi amnistie en effet tous les délits politiques, aussi bien du camp franquiste que du camp républicain. S’impose ainsi l’idée que les crimes de la guerre civile sont le fait de la communauté nationale dans son entier, déchirée par une lutte fratricide. La loi prive les victimes de la dictature de toute possibilité de justice et de réparation, au profit d’une volonté de réconciliation et d’apaisement. C’est ainsi que se fabrique l’impunité de Franco et des responsables franquistes. La "défranquisation" du pays n’a jamais lieu, ni dans l’administration, ni dans la vie politique. Dans l’espace public, rues, places, statues évoquant le franquisme restent en place jusqu'à ce que certaines soient déboulonnées dans les années 2000.
Dénoncer les crimes du franquisme
Tandis que l’Espagne opte pour l’amnistie, des voix s’élèvent pour dénoncer les crimes du franquisme. La condamnation vient d’abord de l’étranger. Beaucoup d’opposants politiques espagnols sont en effet exilés en Europe, notamment en France, et en Amérique latine, notamment au Mexique. La première commission d’enquête, en 1939, est ainsi française. L’ONU se penche également dès 1945 sur les crimes du franquisme.
Il faut cependant attendre les années 2000 pour que l’Espagne entame un véritable tournant mémoriel. La société civile commence à lever le voile sur les horreurs du régime franquiste, notamment à travers l’exhumation de nombreuses fosses communes, où les corps de républicains exécutés sommairement ont été jetés à