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Athlètes sur piédestal, une histoire sportive : Bouge-toi le culte ! Des athlètes et des dieux dans la Grèce antique

Athlètes sur piédestal, une histoire sportive : Bouge-toi le culte ! Des athlètes et des dieux dans la Grèce antique

Published 3 days, 18 hours ago
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Rediffusion de l'épisode du 2024-05-20

Voici les vedettes du jour : Tissandre de Naxos, Théagène de Thasos, et bien sûr Milon de Crotone. Ils sont héroïsés, en écho à Héraclès ou à Castor et Pollux. Toutefois, les athlètes victorieux étaient-ils considérés comme des dieux dans la Grèce antique, au moment de se bouger le culte ?

Compétitions sportives dans le monde grec : des manifestations religieuses

Le temps sportif est structuré par l’alternance de quatre grandes compétitions, considérées comme les plus prestigieuses du monde grec : les Jeux olympiques à Olympie, en l’honneur de Zeus, les Jeux isthmiques à Isthmia, en l’honneur de Poséidon, les Jeux néméens à Némée, en l’honneur de Zeus, et les Jeux pythiques à Delphes, en l’honneur d’Apollon. Les concours sportifs sont donc intimement liés à des manifestations religieuses, qui visent à célébrer une divinité et son sanctuaire.

Au fil des siècles, les stades sont de plus en plus pensés pour mettre en valeur les concours : ils peuvent accueillir un public nombreux et se révèlent toujours plus monumentaux. Le spectacle sportif est mis en scène, et doit être de grande qualité : les athlètes sont ainsi sélectionnés précautionneusement, afin de garantir un haut niveau de performance. L'historien Jean-Manuel Roubineau a pu consulter les effectifs des concours qui nous sont parvenus : "On observe que dans les concours majeurs – olympiques, pythiques, isthmiques, néméens, etc. –, un tout petit nombre de concurrents sont admis à concourir, parce que les magistrats s'assurent de la qualité du spectacle et de sa brièveté." Il prend l'exemple d'Olympie où "le tournoi est court, intense, engagé. Un champion n'a pas à enchaîner 6, 7, 8 combats, mais 1, 2 ou 3. Inversement, dans des concours dits locaux ou régionaux, d'envergure moins importante, on peut avoir plus de 200 admis dans une épreuve. La compétition dure et s'étire beaucoup plus dans le temps ; elle est moins intense et aussi moins spectaculaire."

Les athlètes grecs, des citoyens pas comme les autres

Lorsqu’ils remportent une compétition, les athlètes peuvent recevoir, selon le type de concours, un prix symbolique (par exemple une couronne d’olivier à Olympie), un objet de valeur, ou une bourse. Les cités d’origine des champions peuvent également leur verser une prime, d’un montant significatif. Certains athlètes bénéficient même du privilège d’être nourri au prytanée, c'est-à-dire nourri à vie aux frais de la cité. Des statues à leur effigie peuvent être érigées, dans leur cité d’origine, mais aussi sur le site olympique.

Ces honneurs attribués aux athlètes disent bien la place qu’ils occupent dans la société : à la fois portés aux nues, mais aussi instrumentalisés par leur cité, ils sont en position d’exceptionnalité. Les cités grecques utilisent leurs victoires comme des moyens de se mettre en avant, à des fins de reconnaissance et de rayonnement politique. Les athlètes apparaissent en marge, par rapport à l’ensemble du corps civique : leur hygiène de vie stricte, notamment, contribue à les singulariser. Outre un entraînement physique exigeant, ils s’alimentent de manière particulière, en privilégiant la viande et le pain, ce qui est original dans l’Antiquité grecque où la diète est à dominante végétale. "Les athlètes étaient perçus comme des marginaux alimentaires, (ce qui) a engendré toute une série de légendes alimentaires, à commencer par (celle) de la bouphagia – repas consistant à manger la totalité de la viande d'un bœuf en un seul repas –, un exploit alimentaire impossible, qui a été prêté à la fois à Héraclès, la figure divine tutélaire des athlètes, et à toute une série de champions", explique Jean-Manuel Roubineau. Les athlètes pratiquent également l’abstinence sexuelle. Leur condition physique idéale, esthétisée, voire érotisée – les corps nus sont enduits d’huile et recouverts de poussière scintillante –, les met

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