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Back to EpisodesEnluminures, BD, mangas, quand le dessin raconte : D'Hokusai à Dragon Ball, la longue histoire du manga
Description
Rediffusion de l'épisode du 2024-05-16
C’est une plongée profonde dans l’histoire du Japon, à la recherche des récits racontés en images et en textes, depuis l'époque de Nara en passant par l’époque d’Edo. C'est une aventure qui nous conduit sur les traces des mangas, ces bandes dessinées devenues phénomène planétaire, avec tant de héros, à la fois vivants et à la fois classiques. One Piece, Sailor Moon, Death Note, Dragon Ball, quelle est l'histoire du manga ?
Les origines du manga
Si les emakis, des rouleaux enluminés de bois qui racontent une histoire, des époques Heian et de Kamakura, sont parfois présentés comme les ancêtres du manga, il faut toutefois attendre le 19e siècle pour que le mot apparaisse. Formé des kanjis "man", qui signifie distraction ou amusement, et "ga", qui signifie image, le manga désigne le plus souvent une estampe ou une esquisse de la vie quotidienne, sans dialogue et qui présente volontiers un trait d’humour. Le mot apparaît sous la plume d’Hokusai, qui publie quinze volumes de mangas au succès retentissant. "Ce sont des recueils de croquis représentant le quotidien de la ville d'Edo. (Hokusai) croque ses contemporains qui font des grimaces, qui travaillent, qui se chamaillent… Il croque également quelques paysages, quelques animaux", décrit Julien Bouvard, maître de conférences en langue et civilisation du Japon contemporain à l’université Lyon 3. "En regardant quelques images tirées de ce manga d'Hokusai, je me suis fait la réflexion que ça ressemblait un peu au kyarakutaa settei, ces banques d'images représentant le même personnage sous plusieurs faces, qu'on utilise dans les comités de production de dessin animé actuellement au Japon", partage le chercheur. L’industrie du livre japonais est florissante et les auteurs du 19e siècle s’ouvrent aux influences occidentales, après les deux siècles d’isolement culturel de l’époque d’Edo.
Quand "manga" devient synonyme de bande dessinée japonaise
La découverte du dessin de presse et de la caricature à l’occidentale encourage la production de dessins muets et humoristiques qui paraissent dans les journaux et rencontrent un franc succès. "Au Japon, comme partout dans le monde, on utilise des images séquencées pour se moquer. C'est un peu l'équivalent du mème aujourd'hui, c'est la même démarche de ridiculiser les puissants", explique Bounthavy Suvilay. Il faut pourtant attendre les années 1900 pour assister à l’émergence du manga dans son sens contemporain. L’artiste peintre Rakuten Kitazawa propose dans le journal Jiji shimpō une bande dessinée hebdomadaire inspirée des modèles américains, qu’il nomme manga. Désormais, l’imbrication du texte et de l’image est plus évidente et le manga devient peu à peu synonyme de bande dessinée japonaise. Les genres se diversifient, ainsi que les publics visés et il existe bientôt un manga pour chaque lectorat.
L'ascension d’Osamu Tezuka, "le dieu du manga"
La Seconde Guerre mondiale marque un tournant décisif dans l’histoire du manga. Les années d’occupation américaine font des comics et du cinéma d’animation des produits de consommation de masse au Japon. Les auteurs de mangas s’inspirent de ces codes graphiques et narratifs très cinématographiques. Ils intègrent des lignes de mouvement et des onomatopées dans leurs productions. Les années 1950 marquent une volonté d’émancipation du modèle culturel hégémonique américain. Osamu Tezuka, considéré comme l’un des plus grands et des plus prolixes mangakas de tous les temps, créé Le Roi Léo et Astro le petit robot qui deviennent de véritables phénomènes de société. Une presse spécialisée dans le manga voit le jour, les productions se multiplient, et le Japon entre bientôt dans un âge d’or du manga. Les années 1980 sont marquées par une internationalisation de la culture japonaise, soutenue notamment par l’évol