Episode Details
Back to EpisodesPreuves d'humanité, hier et aujourd'hui 1/4 : Duke Ellington, car la musique n’a pas de frontières
Description
Rediffusion de l'épisode du 2025-11-13
Dans ce hors-série du Cours de l’Histoire, Xavier Mauduit propose une plongée dans les archives de l’UNESCO pour fêter les 80 ans de l'institution internationale. Dans son histoire, l'Unesco a sollicité de grandes voix de la littérature, des arts, de la science, pour défendre les valeurs que sont la paix, la non-violence, la lutte contre le racisme et contre les discrimination, le respect de la dignité humaine, l'égalité, les droits de l'être humain, la justice et la tolérance. Preuve que ces combats restent d'une grande actualité, l'UNESCO mobilise aujourd'hui encore des artistes, des scientifiques, des des figures majeures qui défendent ces valeurs.
Présent au premier Festival mondial des arts nègres en 1966 à Dakar, le pianiste et compositeur états-unien Duke Ellington témoigne d'un engagement qui résonne avec les combats actuels contre le racisme et les discriminations.
1966, le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar
En 1966, à 67 ans, le Duke a déjà parcouru le monde. En avril 1966, il se rend à Dakar, pour le premier Festival mondial des arts nègres, conçu par le président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor, et placé sous le patronage de l’UNESCO et de la Société africaine de culture. Interviewé par des journalistes, Duke Ellington insiste sur l’importance de l’événement : “Ce sera la première rencontre entre tous ces artistes qui pourront se livrer à un grand échange de vues”.
Pour celui qui se destinait d'abord à la peinture, le jazz “est une chose très personnelle. Ceux qui font du jazz ne le pensent pas comme un travail, il fait partie de leur âme”. Soulignant son lien au continent africain et l'influence de celui-ci sur son travail, le musicien rappelle aux journalistes son refus d’enfermer le jazz dans des catégories.
Une ségrégation persistante
Edward Kennedy, dit Duke, Ellington est né en 1899 à Washington D.C., la capitale des États-Unis. L’esclavage a été aboli seulement en 1865 et les États du Sud impose la ségrégation raciale. Duke Ellington sait combien, en tournée et malgré le statut de vedette, il faut toujours se méfier, même là où il n’y a pas officiellement de ségrégation car les inégalités sont nombreuses quand il s’agit de se loger, de sortir ou d’aller à l’école.
C’est après de longs combats, parfois violents, que la ségrégation prend fin aux États-Unis dans les années 1960. Des combats dont témoignent aussi les chants des manifestants luttant pour cette cause. Comme le souligne le musicien, du negro spiritual au blues, la musique dite “noire” porte la douleur mais aussi l'espoir.
Contre le racisme et les discriminations, la lutte continue
Aujourd'hui, l’espoir évoqué par Duke Ellington est partagé par de nombreux artistes, parmi lesquels Rossy de Palma. Ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO pour la diversité culturelle, l'actrice fétiche du réalisateur espagnol Pedro Almodóvar participait en 2023 à la Masterclass organisée pour la journée mondiale contre le racisme et les discriminations. Pour elle, la réalité est “un peu dure à avaler”, alors quoi de mieux que de se réfugier dans l’art ? “Dans le cinéma parfois, une belle histoire racontée d’une belle façon [... ] est une arme av