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Back to EpisodesPreuves d'humanité, hier et aujourd'hui 4/4 : Jorge Luis Borges, la littérature face à la cruauté du monde
Description
Rediffusion de l'épisode du 2025-11-13
Dans ce hors-série du Cours de l’Histoire, Xavier Mauduit propose une plongée dans les archives de l’UNESCO pour fêter ses 80 ans. Des archives qui donnent la parole à des femmes et des hommes ayant marqué leur époque, et des archives de notre actualité avec lesquelles elles entrent en résonance. Avec des voix comme celle de l’auteur argentin Jorge Luis Borges, à l’honneur dans cet épisode, et qui nous parle de Shakespeare et du pouvoir des mots.
Borges, Shakespeare et la liberté du rêve
Jorge Luis Borges est né en Argentine, à la toute fin du XIXe siècle. L'œuvre de l'écrivain, qui a traversé tout le XXe siècle, accède à une reconnaissance internationale dans les années 1950 et 1960. Avec sa poésie, ses nouvelles et ses romans, Borges livre sa vision du monde à travers des sortes de contes métaphysiques et cosmopolites, tout en affrontant une cécité progressive. Par ailleurs, Borges a connu les dictatures et en a été proche, avant de les condamner sur le tard.
En 1964, alors âgé de 65 ans, l'écrivain offre une allocution sur "Shakespeare et nous" lors d’une série d’événements organisés par l'UNESCO pour célébrer le quatrième centenaire de William Shakespeare. L'occasion de souligner la singularité du dramaturge anglais. Car pour Borges, “Ce que Shakespeare a senti est bien plus important que ce qu’il a pensé avec conscience. Il a senti que le langage est le propre de l'écrivain. De nos jours, un écrivain qui éprouverait le langage avec la même intensité risquerait de tomber dans le pédantisme ou le décoratif.” Surtout, ajoute Borges, “Shakespeare a pratiqué l’art avec la gravité d'un enfant qui joue. Travailler pour le théâtre à ce moment, c’était un peu comme travailler pour Hollywood aujourd’hui. Cela lui a permis de s'abandonner au rêve, à la vaste liberté du rêve.”
Avec Julia Kristeva, l’universel face à la cruauté du monde
En 2010, Julia Kristeva, membre du Panel de haut niveau sur la paix et le dialogue entre les cultures, prend la parole à l’UNESCO pour le lancement de l'Année internationale du rapprochement des cultures. L'occasion, pour l’écrivaine et psychanalyste, de refonder l’humanisme et de penser l’universel face à la cruauté du monde : “Plutôt que de parler de diversité culturelle, c'est une interculturalité qu'il convient de promouvoir. Elle tiendra compte des traditions culturelles, y compris des croyances religieuses, sans oublier pour autant cette composante capitale de l'expérience humaine qu’on appelle l'histoire. Cette histoire qui nous a conduits à penser que l'universel et la liberté sont accessibles à toute l'humanité.”
De fait, l'universel “ne trouve sa pleine valeur libertaire que si c'est un universel au singulier, l'universel du respect de la personne humaine. À partir de là, la liberté de l'universel, c’est la liberté de la personne singulière” conclut-elle.
Archives :
- Archive UNESCO - “Shakespeare et la littérature de notre temps - Jorge Luis Borges”, Les grandes voix de l'UNESCO, UNESCO Radio, 1964
- Extrait de l'adaptation télévisée de Macbeth de William Shakespeare par Claude Barma avec Maria Casarès et Daniel Sorano diffusée le 20 octobre 1959 à la RTF
- Julia Kristeva à propos de la diversité culturelle et de l'universel lors du lancement de l'Année internationale du rapprochement des cultures qui s'est tenue à l'UNESCO le 18 février 2010 (UnescoFrench, 2010)