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Back to EpisodesPreuves d'humanité, sauvegarder le patrimoine : Le défi !
Description
Rediffusion de l'épisode du 2026-06-25
Course contre la montre et la montée des eaux, le chantier pour sauvegarder l'ensemble colossal que forment les monuments de Nubie s’annonce authentiquement pharaonique. En effet, il n’est pas question de déplacer ces monuments comme de vulgaires blocs de pierre. Le défi est de taille.
Un chantier colossal
L'archéologue et égyptologue Christiane Desroches Noblecourt décrit en 1959 les monuments de Nubie. Elle évoque le sanctuaire d'Abou Sibel, "le plus ancien haut lieu de l'histoire", formé dit-elle de deux temples creusés dans la roche. Celui dédié par Ramsès II à trois grand dieux dynastiques et celui dédié à la déesse Hator et à la reine Néfertari. En outre, l'ensemble donne à voir des statues monumentales de Ramsès II : "Si vous analysez chaque détail, tout vous paraît colossal et monstrueux. Si vous regardez l'ensemble, c'est la poésie, c'est la suavité, c'est tout ce que l'art peut donner de plus charmant qui ressort de cet ensemble colossal."
Le défi technique et archéologique est une aventure humaine à part entière. En novembre 1963, le Français René Maheu, qui a pris la tête de l’UNESCO à la suite de Vittorino Veronese, se fait chef de chantier quand il présente l’ampleur du projet autour de la campagne de Nubie. Tel qu'il le décrit, celui-ci consiste donc à "découper les monuments par gros blocs, à les transporter au-dessus de la falaise dans laquelle sont actuellement les temples, et à reconstruire l'ensemble sur cette falaise, à 64 mètres au-dessus du niveau actuel".
Si la foi déplace les montagnes, c’est bien par la volonté humaine, par des efforts concertés et par la fraternité internationale que la sauvegarde des monuments de Nubie est une réussite. Certains d'entre eux sont remontés le long du lac qui risquait de les submerger. D’autres, sont envoyés à l’autre bout du monde : à Madrid, à Berlin, à Turin ou encore à New York.
Une fraternité qui perdure
Une aventure humaine portée par l'UNESCO, avec des hommes et des femmes qui s’engagent pour l'éducation, la science et la culture.
C’est notamment le cas de l’écrivaine et philosophe d’origine égyptienne Ayyam Sureau, devenue fonctionnaire internationale à l'UNESCO. En 2021, elle rappelait la démarche de Jeanne Hersch, philosophe suisse et grande figure humaniste qui, en 1968, dans le cadre d'une anthologie, avait demandé à toutes le nations qui composaient alors l'UNESCO de trouver dans leur propre patrimoine des écrits qui mettent en avant les mêmes idéaux que ceux la Déclaration universelle des droits de l'homme, dans un proverbe, un conte, une constitution.
La démarche de Jeanne Hersch ne sombre pas dans l'angélisme : il ne s'agit pas, rappelle Ayyam Sureau, de dire que la Déclaration universelle des droits de l'homme était déjà présente en Afrique ou en Asie avant les Lumières. Par ailleurs, comme le disait la préface de cette anthologie signée René Maheu, mais dans laquelle on sent poindre l'esprit de Jeanne Hersch, les idéaux ne doivent pas cacher "la masse de ténèbres."