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Back to EpisodesIl est l’or ! Ruée vers l’histoire : Le pactole des banques centrales, avoir sa monnaie dans l’étalon-or
Description
Les banques centrales ont la monnaie dans l’étalon (-or). De quoi s’agit-il ? Comment fonctionne un système monétaire qui repose sur l’or ? Il nécessite d’énormes réserves de métal précieux, l’équivalent à l’échelle d’une nation des précieux napoléon et autres louis d’or conservés dans un bas de laine, dans les familles. Pour la Banque de France, cette réserve est La Souterraine.
L’étalon-or dans tous ses états
Au 19ᵉ siècle, le système de l’étalon-or se met en place à l’international. L’étalon-or consiste à définir chaque monnaie par rapport à un poids d’or et à garantir l’échange de la monnaie en or. L'étalon-or constitue également une obligation de convertibilité.
L’Angleterre est pionnière dans la mise en place de ce système. En 1717, le scientifique Isaac Newton, responsable de la Maison de la Monnaie (The Royal Mint), surévalue l’or et favorise la disparition progressive de l’argent comme monnaie d’échange.
Après la guerre franco-prussienne de 1870, le IIᵉ Reich allemand établit sa monnaie, le Reichsmark. Celle-ci est basée sur l’or, ce qui déséquilibre le système monétaire européen.
Symbole de souveraineté et de pouvoir, l’étalon-or est peu à peu adopté à l’international. Du Brésil à la Russie, les monnaies de chaque souverain sont convertibles en or. L’argent ne devient alors plus qu’une monnaie d’appoint.
Bien que le choc de la Première Guerre mondiale provoque la suspension de l’étalon-or dans de nombreux pays, les puissances européennes s’efforcent de relancer le système à partir des années 1920.
Les banques centrales, qui conservent l'or, émettent des billets "avec la promesse de payer en échange de ce bout de papier, qui intrinsèquement ne vaut rien, la somme qui est inscrite", précise Arnaud Manas, docteur en histoire et en économie, directeur du service du Patrimoine historique et des Archives de la Banque de France. "Sur les premiers billets de la Banque de France, [il était marqué] 'il sera payé en espèces au porteur sur présentation'. On remettait le bout de papier et on se faisait payer en espèces. Pour pouvoir être à même de réaliser cette promesse, il fallait que la banque centrale ait des réserves suffisantes. [...] Il faut avoir des ratios prudentiels – soit c'était inscrit dans la loi dans certains pays, soit c'était des pratiques –, c'est-à-dire qu'entre 25 et 30 %, entre un quart et un tiers, des billets émis devaient être couverts par de l'or."
L’or et la Banque de France
Dans le cadre du système de l’étalon-or, les banques centrales doivent couvrir un tiers de leurs billets en or. L’or afflue progressivement dans leurs salles fortes. Entre 1924 et 1927, la Banque de France fait construire une salle forte sous un terrain vague, attenant à l’hôtel de Toulouse, à Paris. Sa construction est un exploit technique. Il s’agit de la première construction d’ampleur sous une nappe phréatique.
À partir de 1931-1932, la livre sterling décroche et tout l’or du monde afflue dès lors dans cette salle forte, nommée La Souterraine. L’écrivain autrichien Stefan Zweig, journaliste pour la Neue Freie Presse, demande à visiter La Souterraine. Il transforme cette visite en une odyssée mythique. Lorsque Stefan Zweig découvre cette salle forte, il n’y a jamais eu autant d’or réuni en un seul endroit. La France apparaît comme un havre de paix économique alors que l’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis sont en crise. Stefan Zweig compare La Souterraine à un immense sous-marin, en immersion, qui s’isole et vit dans sa bulle en dehors de la réalité internationale.
La fin de l’étalon-or
Durant la Seconde Guerre mondiale, un nouvel ordre monétaire mondial est créé : Bretton Woods. La discussion pour établir le système de Bretton Woods "a été