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Back to EpisodesPreuves d'humanité, sauvegarder le patrimoine : La fraternité internationale
Description
L’appel lancé au début de l’année 1960 par Vittorino Veronese, directeur général de l’UNESCO, pour sauver les monuments antiques de Nubie est, comme une évidence, repris dans Le Courrier de l’UNESCO en février 1960, avec un dossier intitulé : "L’UNESCO lance un appel au monde : sauvez les trésors de Nubie !" Les articles, par leur simple titre, évoquent l’urgence : "Le drame de Nubie"; "pèlerinage au pays qui va disparaître" ou encore "point d’interrogation dans le désert !"
André Malraux, un discours pour l'histoire
À peine lancé, l’appel à sauvegarder le patrimoine de Nubie est entendu. L’occasion, en mars 1960, d’un discours lui-même devenu patrimonial, celui de l'écrivain André Malraux, ministre d'État chargé des Affaires culturelles du général de Gaulle. Pour la première fois, affirme-t-il, toutes les nations, en dépit des guerres secrètes ou proclamées, "sont appelées à sauver ensemble les œuvres d'une civilisation qui n'appartient à aucune d'elles". Un appel qui, au siècle dernier, aurait été "chimérique". Selon lui, ces temples et ces statues longtemps relégués au rang de témoins sont redevenus des monuments et ont trouvé "une âme".
Le patrimoine, du matériel à l'immatériel
Dans sa matérialité, la sauvegarde du patrimoine de l’humanité est un écho au patrimoine immatériel qui, selon l’UNESCO, comprend “les pratiques, les connaissances et les expressions que les communautés reconnaissent comme faisant partie de leur identité culturelle, ainsi que les objets et les espaces qui y sont associés. Transmis de génération en génération, ce patrimoine s'adapte au fil du temps, renforçant l'identité et le respect de la diversité culturelle”.
Ainsi, le xeer ciise, droit coutumier oral des communautés somali-Issa d'Éthiopie, de Djibouti et de Somalie, est inscrit en 2024 sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Il est alors présenté par Hibo Moumin Assoweh, ministre de la Jeunesse et de la Culture de Djibouti, lors de la 19e session du Comité intergouvernemental de l’UNESCO qui s’est tenue au Paraguay :
"Outil juridique et patrimoine culturel vivant", le xeer ciise est transmis oralement et adapté aux besoins contemporains. Ce contrat coutumier traditionnel qui régit les interactions sociales, économiques et politiques de ces communautés est porteur "de grandes valeurs, d'humanité et de partage". Comme le précise également Hibo Moumin Assoweh, sa reconnaissance par l'UNESCO constitue une étape essentielle "pour garantir sa renommée universelle."