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Back to EpisodesGeorge Sand, histoire de ses vies : George Sand au siècle des révolutions, engagements d’une femme de lettres
Description
Républicaine puis socialiste ?
Dès sa jeunesse, Aurore Dupin – George Sand à venir – a conscience des inégalités sociales. Fille d’un aristocrate et d’une ouvrière, "d’un patricien et d’une bohémienne" comme elle l'écrit, la jeune femme prend très vite parti pour le peuple. À Nohant, elle se sent proche des paysannes et paysans berrichons, qu’elle respecte pour leur culture ancestrale. La politique l’intéresse, même si elle affirme parfois qu’elle la déteste.
Dans les années 1830, alors que la France a comme régime la monarchie de Juillet, la république est son idéal. Il s'agit pour elle du régime adéquat pour mettre en place la démocratie, synonyme de progrès humain.
Ses idées politiques se transforment à partir des années 1840. George Sand devient socialiste et rencontre le penseur Pierre Leroux avec qui elle fonde La Revue indépendante en 1841. "Romans sociaux", textes politiques parus dans différentes revues, l’écriture devient son outil principal pour dénoncer les injustices de la société. L'historienne Michelle Perrot, professeure émérite des universités, explique : "George Sand disait 'ma passion c'est l'égalité.' Elle avait une vive conscience d'avoir des privilèges, qu’il fallait abolir. Elle fait passer ses idées républicaines dans ses romans et dans la construction de ses personnages féminins." En 1843, George Sand s’exprime à propos d’une jeune fille, nommée Fanchette, abandonnée par des sœurs religieuses dans le Berry. L'indignation est alors le moteur de son engagement politique.
Le choc de février 1848
Lorsque la révolution de février 1848 se déclenche, George Sand est à Nohant. Elle est connue de toutes et tous comme une opposante à la monarchie de longue date. Ses amis qui accèdent au pouvoir l’appellent à Paris. Ils pensent que son écriture peut être utile pour républicaniser le pays.
George Sand écrit les Bulletins de la République qui émanent du ministère de l’Intérieur d'Alexandre Ledru-Rollin. L'historienne Carole Rivière, spécialiste des actions politiques de George Sand, souligne que "les bulletins de la République sont envoyés dans toutes les mairies de France. À cette époque, une femme qui écrit, qui a vraiment une place dans des bulletins masculins, ça fait scandale." Forte de sa puissance politique, George Sand place ses amis berrichons à des postes clés dans les préfectures de l’Indre et du Cher. Son fils, Maurice, est nommé maire de Nohant.
L’action politique de George Sand est pleine de paradoxes. Au contraire d’autres femmes, George Sand n’est pas en faveur du droit de vote des femmes lors du retour du suffrage universel masculin. Pour elle, comme pour beaucoup d’autres femmes, les femmes ne sont pas assez éduquées pour avoir un esprit critique indépendant. La priorité, selon George Sand, est l’égalité civile avec les hommes. Bien qu’elle s’oppose au coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, le 2 décembre 1851, elle préfère le dialogue avec le prince-président, plutôt que l’exil, et reste à Nohant.
Une écrivaine engagée
Les années du Second Empire ne signent pas la fin de l’engagement politique de George Sand. Du fait de la censure, l’écrivaine ne publie plus dans la presse. Elle se sert du théâtre pour diffuser ses idées.
Lorsque la guerre avec la Prusse se déclenche en 1870, George Sand voit d’un bon œil l’avènement de la Troisième République. Fidèle à ses idées, elle a confiance en l’élection d’Adolphe Thiers.
George Sand s’oppose à la violence politique et se méfie des événements de la Commun