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George Sand, histoire de ses vies : George Sand, à l’écoute des mares et des forêts

George Sand, histoire de ses vies : George Sand, à l’écoute des mares et des forêts

Published 1 month ago
Description

L’industrialisation et les changements du monde qui l’accompagnent menacent les mares et les forêts. "Tout le monde a donc droit à la beauté et à la poésie de nos forêts", écrit George Sand en 1872. Entre sciences et littérature, l’écrivaine accorde à la nature une place de reine.

Sand, la nature dans son œuvre

À l’âge de 4 ans, Aurore Dupin rejoint son père en Espagne, qui est aide de camp du prince Joachim Murat. Sur le chemin, sa mère la sensibilise aux odeurs de la nature. Son intérêt pour le vivant est né. Contes, essais littéraires, romans ou tribunes, les écrits de George Sand sont marqués par la sensibilité olfactive et par la description précise des paysages qu’elle côtoie. Elle immerge ses lecteurs et lectrices dans toutes les dimensions de la nature.

George Sand se forme aux sciences naturelles dans les salons et à travers les livres de la bibliothèque de sa grand-mère, Marie-Aurore de Saxe. Elle est éduquée à l’économie de la nature, au sport et à la botanique, sa science de prédilection. George Sand se pense comme une passeuse et accorde une importance particulière à la véracité des faits. Elle s’inspire de son entourage et s’appuie sur ses discussions avec les savants de son temps pour parfaire ses écrits.

George Sand allie approche scientifique et littéraire pour sublimer la nature dans ses écrits. Martine Watrelot, docteure ès lettres et autrice de Georges Sand et les sciences de la vie et de la Terre (Presses universitaires Blaise Pascal, 2020), souligne que "le scientifique et l'artiste pourraient s'unir pour construire le monde de demain. Elle reproche aux scientifiques de ne pas savoir décrire, c'est-à-dire de ne rester qu'au niveau de la classification, et elle reproche aux artistes de trop voir sans savoir. [...] George Sand réclame au nom d'un bien commun la transmission des vrais savoirs aux générations futures."

Sensibiliser à la menace de l’homme sur l’environnement

George Sand manifeste un intérêt pour les progrès scientifiques et pour l’amélioration des rendements agricoles. Néanmoins, elle est consciente de la fragilité de l’environnement et se méfie de l’implantation des industries dans les milieux naturels.

L’écrivaine est convaincue que l’humain est responsable de la composition et de l'état du paysage et tend à déséquilibrer l’unité du vivant. Envisager le rapport de l'humain à son environnement naturel se théorise progressivement tout au long du 19ᵉ siècle, jusqu’à l’apparition du terme ‘écologie’ dans les dictionnaires de la fin du siècle.

La plume au service de la protection de la nature

Au lendemain de la guerre franco-prussienne, le président de la Troisième République, Adolphe Thiers, ordonne des coupes forestières drastiques à Fontainebleau, afin de monnayer la fin de l’occupation de Paris. Grande source d’inspiration pour les artistes, la forêt de Fontainebleau fait l’objet de mouvements de protestations écologiques.

Une dizaine d’années après avoir obtenu le classement comme réserve naturelle d’État d’une partie de la forêt, les peintres de Barbizon font appel aux grandes figures de l’époque pour lever la voix face à la menace de déforestation. Le 13 novembre 1872, George Sand prend la plume et publie sa tribune "La forêt de Fontainebleau" dans le journal Le Temps. C’est la première fois qu’un texte éco-politique est médiatisé de la sorte. Ce texte engagé est "un texte parfaitement structuré et très beau sur le plan littéraire. Il y a l'idée préécologique de la préservation des sols et de la forêt”, explique Pascale Auraix-Jonchière, professeure émérite de littérature française à l’Université Clermont Auvergne

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