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George Sand, histoire de ses vies : Devenir George Sand, généalogie d'une écrivaine

George Sand, histoire de ses vies : Devenir George Sand, généalogie d'une écrivaine

Published 1 month, 1 week ago
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Comment Aurore Dupin est-elle devenue George Sand ? Voici la généalogie d’une écrivaine, une femme de lettres à l’écoute de son temps, et des mares et des forêts. De Nohant à Paris, de Majorque à Venise et ailleurs encore, au siècle des révolutions, elle qui est née en 1804 et morte en 1876 à 71 ans, George Sand prend part au débat public et s’engage pour la liberté et le progrès social.

La jeunesse d’Aurore Dupin

Née le 1ᵉʳ juillet 1804 à Paris, Aurore Dupin grandit à la croisée de deux classes sociales. Son père, Maurice Dupin, est officier et appartient à la petite noblesse berrichonne. Sa mère, Sophie-Victoire Delaborde, est la fille d’un oiseleur des quais parisiens. Après une première formation auprès du précepteur Jean-Louis François Deschartres à Nohant, Aurore Dupin entre au couvent des Dames Augustines à Paris.

À Nohant, son principal temps libre est consacré à la lecture. Grâce à la riche bibliothèque de sa grand-mère, elle lit Molière, Voltaire, Chateaubriand et surtout Rousseau. L’écriture intimiste du philosophe participe à la construction de la jeune fille.

En parallèle de la lecture, Aurore Dupin a très tôt une pratique de l’écriture. Elle envoie des lettres à ses amies du couvent, et écrit également quelques premiers romans gothiques. La pratique épistolaire est courante dans son milieu, si bien que si elle est une épistolière remarquable "autrement assurément que ses compagnes de couvent auxquelles elle écrit, on ne devient pas nécessairement et automatiquement George Sand. Elle n'a pas de plan véritable", explique Martine Reid, professeure émérite de langue et littérature françaises et autrice de Le Sexe de la littérature (Gallimard, 2026). "Si on compare, par exemple, les débuts de la correspondance de Stendhal avec celle de Sand, ce qui est frappant, c'est que Stendhal se voit en auteur futur, raisonne, se demande comment y parvenir, s'interroge, veut être le Molière de son siècle. Ces modèles-là sont inexistants au féminin. Chez George Sand, il y a deux choses frappantes. La première, c'est qu'elle veut gagner sa vie. Pour une jeune fille de cette aristocratie matinée de populaire ou de classe modeste, c'est nouveau, et l'indépendance passe par le fait qu'on gagne sa vie. Que faire est une autre question. Par ailleurs, il n'y a pas à proprement parler de grands projets, [comme] 'un jour je deviendrai célèbre grâce à la littérature, je veux être Chateaubriand ou rien'."

Mariée à Casimir Dudevant en 1822, la jeune femme ressent rapidement une vive déception à l’égard de la vie qui l’attend. Casimir est un homme volage, colérique, qui ne pense qu’à chasser. Aurore Dudevant étouffe.

Monter à Paris et écrire

En juillet 1830, Aurore Dudevant fait la rencontre de Jules Sandeau à Nohant. Il aspire à faire carrière dans les lettres et séduit la jeune mariée. Pour partir avec lui à Paris, elle négocie son départ avec son mari. En 1831, durant les tout premiers mois à Paris, elle et Jules Sandeau ont la prétention d’écrire à deux des nouvelles publiées dans la Revue de Paris, fondée en 1829.

Jules Sandeau prend contact avec d’autres amis berrichons, dont un certain Henri de Latouche, directeur d’un journal satirique nommé Figaro. Aurore joue peu à peu le jeu et commence à écrire des articles anonymes dans le journal. Elle publie aussi des nouvelles. Apparaissent les premières publications communes : le roman Rose et Blanche ou La comédienne en 1831.

En mai 1832, Aurore fait paraître son premier roman, Indiana. L’ouvrage est signé Georges Sand, avec un S. Le roman raconte l’histoire d’une femme mariée à un

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