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Back to EpisodesLes mondes de la porcelaine : Comme un espion du roi dans un magasin de porcelaines…
Description
La fascination est grande devant ces objets venus de l’autre bout du monde, couverts de cette matière fine et translucide : la porcelaine. C’est une folle aventure à la recherche du secret de fabrication, dans un grand mouvement de rivalité internationale. Ce sont les mystères de la porcelaine.
Une fascination des Européens pour la porcelaine de Chine
La porcelaine chinoise est sans doute connue en Europe depuis les descriptions qu’en livre le voyageur Marco Polo. Elle commence à être importée par les Portugais au 16ᵉ siècle, et parvient aussi en Europe dans le cadre d’échanges de cadeaux diplomatiques.
Les Européens sont rapidement fascinés par la porcelaine et par ses propriétés. Transparente, légère, fine, blanche, élégante, elle ne raye pas, ne garde pas les odeurs, et résiste au chaud et au froid. Les Compagnies des Indes orientales, hollandaises, anglaises, suédoises ou françaises, jouent un rôle central dans l'importation de pièces de porcelaine en Europe. Les Européens apprécient les pièces de porcelaine chinoise originales, mais envoient aussi en Chine des modèles de formes et de décors qu’ils souhaitent voir sur leurs pièces de porcelaine, qui sont ensuite réalisées à la commande.
Une porcelaine à la mode européenne
Si les Européens apprécient les porcelaines chinoises, ils aimeraient en connaitre le processus de fabrication surtout "parce qu'il y a un enjeu économique", explique Sébastien Pautet, historien moderniste et auteur de Le Mystère de la porcelaine bleue. Quand la France des Lumières espionnait la Chine (Payot, 2026). "C'est une période d'essor des manufactures européennes. On pourrait dire que le secteur de la céramique est un des secteurs les plus innovants de l'économie du 18ᵉ siècle. Donc il y a un enjeu, notamment de qualité, de savoir comment on fabrique la porcelaine en Chine, parce que peut-être on y trouvera des secrets de fabrication pour améliorer des productions locales."
La production porcelainière se développe en effet en Europe, notamment en France (à Vincennes puis à Sèvres), mais aussi en Allemagne (dans la manufacture de Meissen, Saxe), en Russie, en Angleterre, en Hollande. Cela, dans un contexte de forte concurrence internationale.
Les Européens tentent de connaitre le processus de fabrication de la porcelaine chinoise car les manufactures européennes ne disposent pas de la recette chinoise, et ont du mal à identifier la nature de ses composants, le “kaolin” et le “pétunsé”. Une porcelaine à la mode européenne émerge donc, qui cherche dans un premier temps à imiter le style chinois, à la fois dans l’obtention d’une céramique qui aurait les mêmes propriétés que la porcelaine chinoise, mais aussi dans le décor et les couleurs. En témoignent les faïences blanc et bleu de Delft, les faïences de Rouen, ou encore la porcelaine de Saxe, qui toutes sont influencées par le goût chinois. Des essais se multiplient, tout au long du 18ᵉ siècle, pour tenter d’approcher par tâtonnements le mystère technologique de la porcelaine chinoise.
Une admiration pour la Chine
La mode est en effet aux “chinoiseries”. Le goût pour la porcelaine en témoigne, tout comme l’adoption d’un style asiatisant en peinture, par exemple chez François Boucher, la représentation de la Chine en littérature, notamment chez Voltaire avec L’Orphelin de la Chine, tragédie de 1755, mais aussi le style chinois dans la tapisserie, le papier peint, le mobilier, avec l’usage des laques, les soieries. Cette mode exotisante croise la vogue rococo et le style rocaille, qui connaissent leur apogée sous le règne de Louis XV.
Plus largement, l’Europe des Lumières admire la Chine, qui est connue précocement comme un haut lieu de développement technique et industriel avec les feux d’artifice, la soie, la boussole, les laques et vernis, le papier, l'imprimerie, la poudre à canon, les réalisations architecturales. Les philosophes des