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Back to EpisodesLes mondes de la porcelaine : De la Chine à la Perse, sur les routes de la porcelaine bleue
Description
Fine et translucide, tendre ou dure, une histoire de la porcelaine. Comment différencier la porcelaine de la céramique, de la faïence ? Comment est-elle née, en Chine ? La valeur artistique est évidente, mais les qualités techniques aussi : comment atteindre de si folles températures ? Le Cours de l'histoire parcourt une histoire en bleu et blanc où nous croisons les espions du roi à la recherche des secrets de fabrication, car la porcelaine est au service du prestige, entre collection et apparat. Ces épisodes débutent de la Chine à la Perse, sur les routes de la porcelaine bleue.
L’essor des porcelaines chinoises
Les premières porcelaines apparaissent en Chine sous la dynastie des Tang au 9ᵉ siècle. Ces porcelaines ne sont pas le fruit d'une découverte soudaine, mais sont produites à la suite d'un "processus de purification progressif du grès", explique Valentina Bruccoleri, docteure en histoire de l’art. "On [cuit déjà la céramique] à haute température, avec peu d'inclusion [de différentes matières dans la terre cuite]. La porcelaine ajoute en plus une argile blanche qui est très connue, le kaolin. Le nom vient d'une colline chinoise qui s'appelle Gaoling, proche de la ville qui est devenue après ce qu'on appelle la 'capitale de la porcelaine', Jingdezhen. On identifie souvent le 9ᵉ siècle comme le siècle où la porcelaine a commencé à se former, mais 'porcelaine', comme terme, est une invention des langues occidentales. En Chine on ne fait pas de différence entre grès et porcelaine, on a le [même] mot pour les deux, qui [désigne] des céramiques cuites à haute température, couvertes avec des glaçures ou translucides. 'Porcelaine', dans les langues occidentales, latines, en tout cas en français, cela dénote cette pâte très pure, qui inclut du kaolin, de la pierre à porcelaine cuite à très haute température, au-delà de 1300 degrés."
Pendant les dynasties Yuan puis Ming, la production explose. Les porcelaines chinoises sont généralement produites dans des fours privés ou impériaux. Si la plupart des artisans de porcelaines sont chinois, certains viennent aussi de régions plus lointaines. Des artisans persans travaillent ainsi à Jingdezhen. À l’intérieur des fours, la répartition des tâches est extrêmement stricte. Chaque famille d’artisan a son propre métier. Certains artisans sont à la cuisson, d’autres au moulage, d'autres à la peinture.
Les porcelaines les plus difficiles à exécuter sont destinées à la cour impériale. Parmi les couleurs, on retrouve le blanc, le bleu, le jaune et le rouge de cuivre qui est le plus difficile à exécuter. Les motifs sont divers : dragon, phénix, lotus, chrysanthème. Certains motifs sont exclusivement réservés à l’apparat impérial. C’est notamment le cas du dragon à cinq griffes.
Une diffusion mondiale
La porcelaine chinoise circule très tôt en dehors des frontières de l’Empire. Le premier espace géographique qui reçoit la porcelaine chinoise est l’Asie du Sud-Est. La porcelaine s’exporte en particulier au Japon et en Corée. L’Inde reçoit également beaucoup de porcelaines chinoises.
Sont exportées aussi des porcelaines chinoises vers l’Asie centrale, via les routes terrestres. C’est notamment le cas en Ouzbékistan. Des tessons de porcelaines Ming impériales sont retrouvés à Boukhara.
Il y a également des exportations de porcelaines vers la péninsule arabique : Oman, Yémen, île d’Ormuz, Iran qui en reçoit par la route terrestre du nord, Irak, mer Rouge, Afrique du Nord et même Afrique de l’Est. À l'occasion de fouilles archéologiques, des porcelaines ont été retrouvées au Kenya.
Un apparat de cour
Les porcelaines chinoises sont utilisées par la cour impériale, par l’élite lettrée et par toute la classe bourgeoise marchande, si bien qu''au début du 15ᵉ siècle, on ajoute quelque chose d'important sur les pièces dédiées à la cour impériale : la marque impériale", précise Béatric