Episode Details

Back to Episodes
Front populaire, une histoire de luttes : Le Front populaire, une histoire de grèves et de joie

Front populaire, une histoire de luttes : Le Front populaire, une histoire de grèves et de joie

Published 1 month, 3 weeks ago
Description

Le 3 mai 1936 se déroule en France le second tour des élections législatives. Le Front populaire, composé des socialistes, des communistes et des radicaux, sort victorieux. Une coalition de gauche qui remporte les élections : c'est la joie dans le monde ouvrier. Pourtant, quel paradoxe, des grèves éclatent, les usines sont occupées. Pour toute la société française, c'est certain, il y a changement de décor.

Le Front populaire au pouvoir

À la suite de la victoire du Front populaire, siègent à la Chambre des députés 386 députés pour cette coalition. Léon Blum, leader du parti le plus nombreux, doit devenir chef du gouvernement. Il attend un mois, réglementaire, pour présenter son gouvernement à l’investiture devant la Chambre des députés, ce qu’il fait le 6 juin. Le Parti communiste décide quant à lui de ne pas entrer au gouvernement.

Le gouvernement arrive au pouvoir avec des objectifs d’amélioration du bien-être de la population. La France connait un contexte économique fragilisé dû à la crise des années 1930. Le gouvernement souhaite donc mener une politique économique dite de la relance. Il a pour projet de permettre une augmentation des salaires pour stimuler la consommation donc une augmentation de la demande, ce qui engendrerait ensuite une augmentation de la production.

Si Léon Blum appartient au Parti socialiste, le gouvernement n'est pas socialiste mais lié à un programme, celui du Front populaire, commun à l’ensemble de la coalition. Il entend agir au sein des structures institutionnelles existantes.

Les grèves avec occupation

Les conditions de travail en 1936, en particulier celles des ouvriers et ouvrières, se caractérisent par une dépossession du temps des travailleurs et travailleuses. La rationalisation du travail se généralise dans les années 1920 : il est attendu plus de rendements. Cela a pour effet un contrôle rigoureux des gestes du travailleur ou de la travailleuse à la chaîne, et du temps qu’il ou elle met à faire ces gestes. En plus d'un faible salaire pour un nombre important d’heures travaillées, le travail est donc aussi synonyme d’une surexploitation de l’ouvrier ou de l'ouvrière.

Les premiers foyers de grève débutent après la victoire aux élections législatives du 3 mai 1936, mais avant la constitution du gouvernement début juin. Des grévistes se mettent à occuper les lieux de leurs usines aéronautiques Breguet au Havre : ils protestent contre le licenciement de syndicalistes qui n’ont pas travaillé le 1ᵉʳ mai. Entre le 11 et le 20 mai, des usines d’aviation et d’automobiles connaissent des grèves. Puis, les grèves se multiplient, et s'étendent à de multiples secteurs d’activités : ouvriers et ouvrières de tout secteur, employés et employées de magasins, de commerces, de petites et grandes entreprises.

Les grèves sont spontanées et organisées par les employés et employées eux-mêmes. Certains grévistes composent des cahiers de revendications, qui permettent de connaître les demandes les plus fréquentes : ils et elles souhaitent, entre autres, une augmentation des salaires, la possibilité de congés payés, l’élection de délégués des employés et employées, une amélioration du bien-être, notamment de l’hygiène et de la sécurité au travail.

Les grévistes occupent souvent leur lieu de travail, une action presque inédite dans l'histoire des grèves et des mouvements sociaux en France. Occuper son usine ou son entreprise permet d’empêcher l’employeur de fermer l'établissement par un lock-out, ou d'employer des briseurs de grève, des “jaunes”. L’occupation est aussi une appropriation du lieu de travail par les grévistes, ce qui engendre un renversement du rapport de force entre l’employeur et l’employé, qui montre qu’il est nécessaire à la vie de l’entreprise. Les machines sont protégées, voire entretenues. Si l’ordre règne, la joie aussi, parfois les grévistes chantent, dansent, jouent.

Entamer une grève au lendemain de la vi

Listen Now

Love PodBriefly?

If you like Podbriefly.com, please consider donating to support the ongoing development.

Support Us