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Aller sur Mars en 56 jours ? C’est possible, mais couteux !
Description
Aujourd’hui, rejoindre Mars relève encore de l’épreuve d’endurance. Avec les technologies actuelles, un voyage classique dure entre sept et neuf mois. Ce délai s’explique par l’utilisation d’une trajectoire dite “économe en énergie”, appelée orbite de transfert de Hohmann. Une solution efficace, mais lente, qui expose les astronautes à de longs mois de radiations et d’apesanteur. Mais une piste inattendue pourrait changer la donne. Le chercheur brésilien Marcelo de Oliveira Souza propose de s’appuyer sur l’orbite de l’astéroïde 2001 CA21 pour tracer des trajectoires beaucoup plus rapides.
L’idée est originale : il ne s’agit pas d’aller vers cet astéroïde, mais d’utiliser son plan orbital comme une sorte de guide géométrique. En alignant la trajectoire d’un vaisseau sur ce plan, et en restant dans un écart de seulement 5 degrés, certaines fenêtres de tir pourraient permettre des voyages bien plus courts. Les résultats sont impressionnants. Dans un scénario “réaliste”, le trajet aller vers Mars pourrait être réduit à 56 jours, avec un retour en 135 jours. Encore plus spectaculaire, une version dite “extrême” évoque un voyage en seulement 33 jours.
Pourquoi ces performances seraient-elles possibles en 2031 ? Parce que la position des planètes cette année-là offrirait une configuration idéale, permettant à la fois un départ et un retour rapides tout en respectant cet alignement orbital. Mais la physique impose ses limites. Ces trajectoires, bien que théoriquement possibles, demandent une énergie considérable. Pour le scénario à 56 jours, il faudrait environ 15 fois plus d’énergie qu’une mission classique. Pour celui à 33 jours, on monte à 40 fois plus. Autrement dit, avec nos fusées actuelles à propulsion chimique, c’est hors de portée. Pour franchir ce cap, il faudrait recourir à des technologies plus avancées, comme la propulsion nucléaire thermique, capable de fournir une poussée plus efficace sur de longues distances.
Cette étude ne promet pas encore un voyage rapide vers Mars. Mais elle démontre une chose essentielle : des trajectoires ultra-rapides existent. Reste désormais à inventer les moteurs capables de les emprunter.
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