Episode Details
Back to EpisodesFou d'histoire : Noëlle Herrenschmidt, aux grands procès, une aquarelliste pour l’histoire
Description
C’est le dessin et la justice en héritage, pour une artiste reporter qui a couvert les grands procès : Barbie, Touvier, Papon, mais pas seulement. C’est l’histoire à la pointe du pinceau, l'histoire que l'on peint à Sceaux, près de Paris.
Le dessin, la couleur et la justice en héritage
Née en 1940 à Quinsac, en Gironde, Noëlle Herrenschmidt est surtout attachée à la ville de Sceaux, au sud de Paris, où s’est installé son arrière-grand-père à la fin du 19ᵉ siècle. Professeur de mathématiques, il fait partie de la première génération du lycée Lakanal, qui ouvre en 1885.
En 2005, Noëlle Herrenschmidt a consacré une série d’aquarelles à cet établissement, où chaque génération de sa famille a étudié, qui ont été publiées dans Les Carnets du Lycée Lakanal : reportage et aquarelles (Ville de Sceaux, 2013). Au sein de sa famille, Noëlle Herrenschmidt reçoit les arts visuels en héritage. Sa mère et son arrière-grand-père étaient respectivement aquarelliste et peintre.
Des grands procès sous le pinceau, une histoire en eau et en couleur
Avant de se consacrer au patrimoine local, Noëlle Herrenschmidt a dessiné tant pour la presse jeunesse que pour de grands journaux d’information. À partir des années 1970, elle dessine pour des magazines tels que Okapi ou Astrapi. C’est à partir des années 1980 qu’elle sort de son atelier et devient reporter.
En 1987, elle couvre le procès de Klaus Barbie, à Lyon, pour le journal La Croix. Ce premier reportage inaugure un long travail de documentation, par le pinceau, de grands procès historiques. En 1994, elle couvre le procès de Paul Touvier, pour La Croix, et celui de Maurice Papon, en 1997, pour Le Monde. De ces travaux est né un album, Mémoires de justice. Les Procès Barbie, Touvier, Papon (avec Michel Zaoui et Antoine Garapon, Seuil, 2009). "Ce qui me passionne, ce sont les dessins en direct face aux êtres humains", explique-t-elle. "Je fais ça depuis toujours. C'est vrai que les tribunaux et les procès sont, extraordinairement, de l'humanité à nu. Il n'y a pas moyen de se planquer. J'ai commencé par faire du dessin à la plume et à l'encre, pour [le procès de] Barbie, ce qui est un matériel très raide, mais à l'époque je ne connaissais pas l'aquarelle. D'un autre côté, ce trait très raide m'a permis de raconter la violence et la dureté de quelqu'un comme Barbie, avec ce regard absolument terrifiant. C'est quelque chose qui m'a aidé."
Loin de l’histoire érudite, Noëlle Herrenschmidt préfère l’immédiateté de son travail pictural. L’aquarelliste entend saisir l’activité des salles d’audience sur le vif. Elle adopte la même méthode dans des espaces considérés comme inaccessibles, comme le Vatican, où elle mène une enquête de deux ans (Carnets du Vatican, Albin Michel, 1999). Les dessins d’audience de Noëlle Herrenschmidt sont autant de supports de transmission et ont vocation à être visibles de tous. Les aquarelles des procès Barbie, Touvier, Papon ont notamment été acquises par le Mémorial de la Shoah.
En 2013, elle couvre le procès des attentats du 13 novembre 2013 au Palais de Justice de Paris, dit "V13". En est né l’ouvrage Juger le 13-Novembre. Une réponse démocratique à la barbarie (La Martinière, 2022). Cosigné par Arthur Dénouveaux, rescapé du Bataclan, et Antoine Garapon, magistrat avec lequel elle a déjà collaboré à de