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Madame de Sévigné et les femmes du Grand Siècle : Sévigné, une précieuse pas ridicule dans un siècle galant

Madame de Sévigné et les femmes du Grand Siècle : Sévigné, une précieuse pas ridicule dans un siècle galant

Published 2 months, 1 week ago
Description

Marie de Rabutin-Chantal, la marquise de Sévigné, était-elle vraiment une précieuse ? Cette semaine, des épisodes du Cours de l'histoire pour rencontrer Sévigné, les femmes de son temps, celles du Grand Siècle, celui de Louis XIV. Sévigné fut observatrice des cercles galants et des intrigues de la cour. Elle fut aussi une mère du 17ᵉ siècle, avec une correspondance longue distance avec sa fille. Classique Sévigné, femme de lettres, épistolière, précieuse.

Une enfance place Royale

Née le 5 février 1626, dans l’hôtel Coulanges, place Royale à Paris, Marie de Rabutin-Chantal est très tôt orpheline. Son père, Celse-Bénigne de Rabutin, issu d’une noblesse bourguignonne ancienne, meurt en 1627. Quant à sa mère, Marie de Coulanges, qui appartient à une bourgeoisie récemment anoblie, elle meurt en 1633. Malgré la perte précoce de ses parents, Marie de Rabutin-Chantal est une enfant choyée et entourée de beaucoup d’amour, en particulier grâce à sa grand-mère paternelle, Jeanne de Chantal, fondatrice de l’ordre de la Visitation Sainte-Marie.

La jeune Marie grandit auprès de sa famille maternelle, les Coulanges, dans une atmosphère que sa biographe, Geneviève Haroche-Bouzinac, qualifie de gaie et joyeuse, et qui conditionne sans doute son tempérament énergique et sa vitalité. Marie de Rabutin-Chantal reste proche toute sa vie de son cousin Bussy-Rabutin, avec qui elle entretient une correspondance nourrie. Ensemble, ils “rabutinent”, néologisme forgé pour décrire leur relation de complicité où ils se comprennent à demi-mot et aiment à jouer sur les mots.

Marie de Rabutin-Chantal bénéficie d’une éducation assez libre. Elle est élevée dans sa famille, ce qui est rare pour une jeune fille du Grand Siècle. On ne connait pas les détails de la formation qu'elle a suivie, "si ce n'est qu'on trouve dans les livres de comptes les sommes dévolues aux honoraires de maîtres", explique Geneviève Haroche-Bouzinac, biographe de Sévigné. "Elle a certainement appris l'italien, la danse, le chant. Pour ce qui est des lectures, elle a des oncles abbés cultivés, et elle fréquente le grammairien [Gilles Ménage]. Sa formation intellectuelle, sa formation livresque, c'est une formation qui va se poursuivre tout au long de sa vie." Elle bénéficie donc de la compagnie d’hommes de lettres, comme l’académicien Jean Chapelain.

Orpheline et veuve

À 18 ans, en 1644, Marie de Rabutin-Chantal se marie avec Henri de Sévigné, issu d’une vieille noblesse bretonne un peu désargentée. Les Sévigné ont deux enfants : en 1646, une fille, Françoise Marguerite, et en 1648, un fils, Charles. Une fois mère, Madame de Sévigné limite les relations conjugales avec son mari. Elle appréhende beaucoup les grossesses et veut les éviter autant que possible. Henri ne lui est pas fidèle. Il meurt en 1651 lors d’un duel avec le chevalier d’Albret autour de sa maîtresse, Madame de Gondran.

Madame de Sévigné se trouve donc veuve à 25 ans. Abondamment courtisée, elle préfère néanmoins ne pas se remarier, peut-être parce qu’elle craint terriblement les grossesses, peut-être aussi parce que son statut de veuvage lui garantit une liberté rare pour le temps. À la fois orpheline et veuve, elle ne dépend ni de son père ni de son mari, ce qui est assez exceptionnel pour le 17ᵉ siècle. Cette indépendance est sans doute ce qui lui permet de s’adonner aux plaisirs de la vie mondaine, et de cultiver un goût certain pour l’écriture et la lecture.

Les salons des précieuses

Madame de Sévigné fréquente les “ruelles”, les salons littéraires, notamment la “chambre bleue” de Madame de Rambouillet et les samedis de Madeleine de Scudéry, qu’elle admire beaucoup. Elle entretient des amitiés féminines privilégiées, notamment avec Madame de La Fayette, qui est aussi sa parente, et qui publie anonymement La Princesse de Clèves en 1678. De la conversation à la correspondance, Madame de Sévigné se fait remarquer par ses tr

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