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Back to EpisodesExiste-t-il vraiment une planète B sur laquelle l'humain peut s'installer?
Description
Vivre ailleurs : c'est l'enjeu du jeu-vidéo Aphelion sorti aujourd'hui dans le monde. Mais le déménagement de l'humanité provoqué par le réchauffement climatique se heurte à des réalités physiques, techniques, voire spirituelles.
Nous sommes en 2060, et la Terre est devenue invivable. C’est le point de départ, à peine pessimiste, du jeu vidéo Aphelion, sorti aujourd’hui dans le monde entier. Après la découverte d'une neuvième planète aux confins du système solaire, une femme et un homme partent dans l’espace à la recherche d’un plan B pour sauver l'humanité. La bande-annonce promotionnelle résume ainsi l'enjeu de ce jeu : « Notre mission était claire : savoir si cette planète peut abriter la vie et sauver l'humanité d'une Terre ravagée ».
L’humain est bien en train de ravager la planète (et ce n'est pas de la science-fiction), mais pas encore au point où elle serait inhabitable. Ce scénario n'arriverait que dans 250 millions d'années, selon une étude publiée dans Nature. Ce qui nous laisse encore un peu de temps… Mais sans même imaginer une guerre thermo-nucléaire, le réchauffement climatique va rendre certaines régions du monde invivables dès 2050, selon la Nasa, notamment en Asie du Sud et dans le Golfe persique.
Lointaine Proxima
La seule planète connue aujourd'hui qui pourrait offrir des conditions de vie similaires à la Terre, où l'humanité pourrait s'expatrier, serait Proxima Centauri B, qui se trouve à 4,2 années-lumière (40 000 milliards de kilomètres, une paille) de notre petite Terre perdue dans l'univers. Il faudrait des dizaines de milliers d'années pour s’y rendre – on peut donc oublier cette option.
Plus près de nous, il y a bien la planète Mars qu’on pourrait « coloniser ». C’est la grande lubie d'Elon Musk, et de quelques autres. Ce ne serait pas une planète B mais une planète bis réservée à quelques happy fews. Un projet irréaliste. « Physiquement, pour l'instant, l'être humain n'est pas du tout capable de faire un voyage de six mois, précise Faustine Cantalloube, astrophysicienne au CNRS, à l'Institut de Planétologie et d'Astrophysique de Grenoble. Les personnes qui vont arriver ne vont plus avoir de muscles, alors qu’il faut être capable de marcher. Elles vont avoir des vomissements très graves, etc. Il y a donc l'aspect physique, mais il y a un autre aspect qu'on ne connaît pas trop, l'aspect psychologique, santé mentale, de ne pas voir la Terre. Quand on est sur Mars, évidemment la Terre est un tout petit point lumineux dans le ciel nocturne. » On appellerait cela le mal de Terre.
Déménager l'humanité
Il paraît compliqué de vivre dans un autre écosystème. Humains, nous ne sommes pas les seuls à vivre sur la Terre : il y a d'autres animaux, des plantes, des microbes. Déménager l'humanité n’a pas de sens. « On est un peu autocentré vu qu'on est des humains, mais les ingrédients qui sont nécessaires à l'épanouissement de la vie des humains sur Terre doivent être pris dans un ensemble. Si on n'a pas les bactéries dans nos intestins, si on n'a pas de la nourriture, si on n'a pas tout un cycle autour, il est complètement illusoire d'imaginer les humains hors de cet écosystème qu'est la Terre », souligne Faustine Cantalloube.
Il n'y a donc ni plan B, ni planète B. On pe