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Back to EpisodesAttention travail ! Une histoire de sécurité : Dangers sur l’eau, veiller à la sécurité des gens de mer
Description
Les accidents du travail font rarement la une de l’actualité, pourtant, chaque jour en France, plusieurs personnes perdent la vie à cause de leur activité professionnelle. À ces morts s’ajoutent des centaines de blessés. Des chiffres effrayants, avec les accidents de trajet et les maladies professionnelles. Cette semaine, le Cours de l’histoire consacre ses émissions à la sécurité au travail : coup de grisou ou silicose, l'histoire du travail dans les mines à pleins poumons, l'histoire toxique de l’industrialisation, avec le corps au travail confronté aux produits chimiques, l'histoire d’un scandale de santé publique avec l'amiante et l'histoire de la sécurité des "gens de mer".
Du port à la navigation
À l’époque moderne, les gens de mer pratiquent différentes activités : la pêche, la navigation au long cours et la navigation près des côtes pour les marchands. Aux 17ᵉ et 18ᵉ siècles, l’État royal améliore les conditions sanitaires des grands ports de guerre tels que Brest, Lorient, Rochefort ou encore Toulon. Médecins, chirurgiens et apothicaires rejoignent les quais des ports de guerre pour assurer le soin des gens de mer. L’éclairage des ports se développe également par la construction de phares, en particulier sur la côte Atlantique, où le commerce colonial est extrêmement développé.
Une fois à bord, les marins s’exposent à de nombreux risques : noyades, chutes, pathologies, voire maladies comme le scorbut. Seules certaines navigations au long cours ont le droit à un médecin ou chirurgien à bord. Ce qui compte en premier pour les armateurs, c’est le profit économique à l’arrivée, et non la sécurité des marins, qui est considérée comme "une quantité négligeable, une notion marginale", explique Thierry Sauzeau, professeur d'histoire moderne à l'Université de Poitiers. "On ne s'y intéressait que par le biais de l'avitaillement, c'est-à-dire tout ce qu'on embarquait et qui était nécessaire à la vie quotidienne à bord des navires. Ce qui résultait de l'accident ou de l'imprévu était très peu pris en compte, avec des gradients de situation très différents : [la sécurité des marins était] mieux prise en compte sur les navires de guerre et sur les navires où on embarquait une 'cargaison humaine' [lors] de la traite négrière, ou bien sur les navires de très long rayon d'action, ceux de la Compagnie des Indes orientales, par exemple. La sécurité des marins était moins prise en compte en ce qui concernait les navigations plus courtes, qu'elles soient de pêche ou de commerce."
Le secours des naufragés
L’un des risques les plus grands dans la vie d’un marin est le naufrage. Par essence imprévisible, le naufrage est causé par différents facteurs. Si la plupart sont dus aux conditions météorologiques, d’autres le sont à cause d’une mauvaise manœuvre, d’une décision prise par erreur, voire d’une attaque. Les naufrages les plus courants ont lieu au contact de la terre, et non en pleine mer. La mort n’est pas la conséquence immédiate du naufrage.
Si une formation aux risques maritimes est souvent donnée à bord aux marins qui embarquent pour la première fois, l'expérience de la vie à bord et du naufrage constitue un moyen pour les marins d'adopter des réflexes et des pratiques pour éviter les dangers. Pendant les naufrages, les personnes les plus exposées sont donc "des personnes qui n'ont soit pas du tout [cette expérience], soit pas encore", souligne Léa Tavenne, maîtresse de conférences en histoire moderne à l'Université Bretagne Sud. "On voit un nombre important, dans les proportions de morts lors des naufrages, de mousses ou de novices, des personnes qui n'ont pas encore vraiment eu d'expérience. On voit aussi beaucoup les passagers. Cela montre que la formation des gens de mer est utile lors des naufrages, puisque les passagers, les femmes et les enfants en particulier, sont les plus exposés, soit parce qu'ils sont trop habillés, soit parce qu'ils ont moins