Ormuz : et maintenant, Trump bloque le détroit - L'intégrale -
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C dans l'air du 13 avril 2026 - Ormuz : et maintenant, Trump bloque le détroit
« À 16 heures, le blocus entrera en vigueur ». C'est par ces mots que le président américain Donald Trump a annoncé lundi le blocage complet du détroit d'Ormuz, par lequel transitent en temps normal 20 % du pétrole mondial, au lendemain de l'échec des négociations de paix entre l'Iran et les Etats-Unis à Islamabad. Les Américains espèrent bloquer l'accès aux 22 ports iraniens répartis sur 2 000 kilomètres pour empêcher Téhéran de vendre son pétrole et de financer la guerre. En face, les gardiens de la Révolution ont menacé toute incursion militaire d’une riposte « dure et sévère ». Le 20 mars, face au blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran et à la flambée des cours du pétrole, les Etats-Unis avaient temporairement levé les sanctions visant les exportations de pétrole iranien, pour permettre la vente de 140 millions de barils déjà en haute mer. Aux Etats-Unis, plusieurs responsables politiques, à l'image du sénateur démocrate Mark Warner, s'insurgent face aux contradictions de l'administration Trump : « Nous avons littéralement financé le gouvernement iranien, 14 milliards de dollars qu’ils utilisent pour acheter des armes auprès de la Chine et ailleurs pour attaquer nos troupes ». Quant aux pourparlers pour la paix, la délégation américaine a déjà quitté Islamabad après 21 heures de discussions sans accord. Et personne ne sait ce qu'il adviendra après la fin du cessez-le-feu, prévue le 21 avril.
Pendant que JD Vance négociait avec les Iraniens au Pakistan, Donald Trump assistait samedi soir à un gala de MMA à Miami (Floride). Malgré sa décontraction apparente, la situation pour le président américain relève du casse-tête. Les prix du baril ont augmenté lundi matin de 8 %, dépassant les 100 dollars, tandis que le taux d'inflation aux Etats-Unis a bondi en mars à 3,3 %, à cause de la guerre en Iran. Si l'armée américaine a fait preuve de sa domination dans les airs en Iran, celle-ci a un coût : près de 500 millions de dollars par jour selon les estimations du Financial Times. Face à ce gouffre financier, Donald Trump demande toujours plus d'efforts. Après une première rallonge de 200 milliards demandée au Congrès américain dans le cadre de la guerre en Iran, le président souhaite désormais 1 500 milliards de dollars supplémentaires pour moderniser l'armée et reconstituer les stocks de munitions. Pour financer ce projet, le président veut couper dans les dépenses non militaires, notamment les assurances santé, comme il l'a expliqué le 1er avril : « Medicaid, Medicare… Ces choses individuelles doivent se faire au niveau des États, pas au niveau fédéral ».
À quoi pourrait ressembler le blocus américain du détroit d'Ormuz ? À quel point la guerre en Iran perturbe l'économie américaine ? Et quelles conséquences pour l'Europe après la défaite de Viktor Orban aux élections législatives en Hongrie ?
Nos experts :
- Jean-Paul PERRUCHE, Général de corps d’Armée, ancien directeur général de l’État-major de l’U.E. - Alain PIROT - Journaliste et réalisateur, spécialiste des questions de défense, ancien correspondant à Jérusalem - Mariam PIRZADEH - Rédactrice en chef - France 24, ancienne correspondante à Téhéran - Philippe DESSERTINE - Économiste, directeur de l’Institut de Haute Finance, auteur de « L’horizon des possibles »
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