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Back to EpisodesAntoine de Saint-Exupéry, dessine-moi une histoire : Saint-Exupéry, dernier vol d’un pilote de guerre
Description
Raconter Antoine de Saint-Exupéry et son temps, c’est faire l’histoire d’un homme qui prend son envol, passionné d’aviation et de littérature. C’est aussi un long-courrier vers le sud, avec l’histoire de l’Aéropostale, Courrier sud en 1929 et Vol de nuit en 1931. C'est bien sûr Le Petit Prince, un phénomène littéraire et planétaire qui paraît aux États-Unis en 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale, alors que Saint-Exupéry est exilé. C'est enfin le dernier vol d'un Pilote de guerre.
Un pilote mobilisé dans l'Armée de l'air
Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Armée de l’air lutte contre les forces ennemies et peut être utilisée pour différentes missions, depuis les bombardements et les combats aériens jusqu'aux missions de reconnaissance et de cartographie. "La photographie aérienne est déjà très développée", explique l'historienne Claire Andrieu, autrice de Tombés du ciel. Le sort des pilotes abattus en Europe, 1939-1945 (Tallandier / Ministère des Armées, 2021). "L'aviation de reconnaissance a un rôle, en principe, décisif d'information. Le problème, en cette période de combats, c'est que les communications ne sont pas organisées convenablement et que le temps que l'information passe de l'avion jusqu'aux troupes au sol, la situation a déjà totalement changé. Il y a un dysfonctionnement majeur."
Saint-Exupéry rejoint le Groupe aérien de reconnaissance 2/33 en 1939 et s’y distingue jusqu’en 1940, ce qui lui vaut la Croix de guerre avec palme. Démobilisé après l’armistice du 22 juin 1940, et conscient du danger que représente l’Allemagne nazie, Saint-Exupéry part en exil aux États-Unis. Il y reste trois ans, de 1940 à 1943. Dans Pilote de guerre, publié en 1942, Saint-Exupéry reprend la matière de ses souvenirs du conflit et de son engagement comme militaire. Il jette une lumière précieuse sur le vécu des pilotes et distille les émotions extrêmes auxquelles ils sont exposés. Leurs conditions de travail sont très rudes : longueur des trajets, froid, conditions météorologiques délicates, difficulté à s’orienter… De plus, l’aviation militaire se caractérise par sa grande dangerosité. Si un avion tombe, les statistiques veulent que la moitié de l’équipage périsse. De fait, pendant la Seconde Guerre mondiale, la moitié des équipages tombés au sol ont perdu la vie.
Un écrivain engagé
Dans Pilote de guerre, Saint-Exupéry analyse aussi les raisons de la défaite et pointe les manquements du commandement militaire français. Il rappelle néanmoins la lutte acharnée des Français et des Françaises pendant la bataille de France. Le livre connaît un grand succès aux États-Unis et contribue à donner aux États-Uniens et aux États-Uniennes une représentation plus incarnée du conflit européen, qui peut leur paraître lointain.
Par ailleurs, Saint-Exupéry prend ses distances à la fois avec le régime du maréchal Pétain et avec la France libre du général de Gaulle, ce que les gaullistes lui reprochent vivement. "Il n'aime pas le général de Gaulle, dont il craint qu'il soit, demain, un dictateur qui vienne renverser les libertés françaises. Là-dessus, il se trompera", rapporte François Gerber, auteur de Saint-Exupéry, écrivain en guerre, Jacob Duvernet, 2012). En revanche, Saint-Exupéry se positionne contre l’antisémitisme qui ravage l’Europe des années 1930-1940. Sa grande amitié avec l’écrivain juif Léon Werth, dédicataire du Petit Prince, lui inspire le roman Lettre à un otage, pu