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Guerre au Moyen-Orient, l'histoire pour comprendre : Israël-États-Unis, histoire d'une relation privilégiée

Guerre au Moyen-Orient, l'histoire pour comprendre : Israël-États-Unis, histoire d'une relation privilégiée

Published 3 months, 3 weeks ago
Description

Comment expliquer la relation privilégiée qui lie les États-Unis et Israël ? Le 29 novembre 1947 est adoptée la résolution 181 des Nations unies sur la partition de la Palestine, par un vote : 33 voix pour, dont les États-Unis et l'URSS, 13 contre, 10 abstentions.

Au début du 20ᵉ siècle, les États-Unis ne sont pas une puissance importante au Moyen-Orient. Les diplomates états-uniens ont peu de contacts avec les populations juives et arabes de Palestine. Tout se passe par l’entremise des puissances européennes, et surtout du Royaume-Uni. Avec la déclaration Balfour de 1917, Washington doit prendre position. Des mouvements de lobbying se mettent en place aux États-Unis pour savoir si le pays doit soutenir, ou non, le mouvement sioniste en Palestine. Le président états-unien Woodrow Wilson, nourri par les récits de pèlerinages en Palestine, prend le parti de la population juive.

15 mai 1948, une reconnaissance immédiate

Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis reconnaissent l’État d’Israël dans les minutes qui suivent sa proclamation, le 15 mai 1948. Au contraire de l’avis de son administration, le président Harry Truman est favorable à la reconnaissance d’Israël. Un ensemble de raisons personnelles le motivent, notamment sa proximité avec des personnalités états-uniennes proches du mouvement sioniste. Le choc de la découverte des centres de mise à mort nazis, en 1945, pèse aussi sur la décision.

La reconnaissance de l'État d'Israël par les États-Unis n’implique pas l’envoi d’armement à Israël avant la fin des années 1950. Dans un contexte de guerre froide naissante, l'État d'Israël n'est en effet pas perçu par les Américains "comme un atout stratégique", précise Maya Kandel, historienne spécialiste des États-Unis. "Dans les premières décennies, sous Eisenhower encore [président des États-Unis de 1953 à 1961], c'est presque une contradiction de la politique américaine au Moyen-Orient, au Proche-Orient, [cette relation à] Israël. La priorité, c'est le pétrole, et le containment, contenir l'expansion de l'Union soviétique ou de ses pays amis. Israël est plutôt quelque chose qui n'aide pas, un handicap stratégique."

Une "relation spéciale" ?

À partir des années 1960, les États-Unis prennent conscience de la puissance de l’armée israélienne et du rôle qu’elle peut jouer comme tête de pont dans la région. En 1962, le président états-unien John Fitzgerald Kennedy est le premier à parler de "relations spéciales" entre les deux pays. L’année suivante, des missiles Hawk traversent l’Atlantique pour rejoindre l’État hébreu. Les États-Unis et Israël se rapprochent, et ce qui était "un mariage de raison au début, commence à devenir une forme de mariage d'amour, parce que les sociétés israélienne et américaine commencent à s'interconnecter", explique David Elkaïm, auteur de l'ouvrage Histoire des guerres d’Israël. De 1948 à nos jours (Tallandier, 2019). "Il y a beaucoup d'échanges économiques, culturels, politiques, des visites réciproques. Il y a beaucoup de binationaux, aussi, ce qui recoupe au niveau sociétal un rapprochement politique et diplomatique."

Si les États-Unis ne s’impliquent pas militairement dans la guerre des Six Jours en 1967, la guerre du Kippour, en 1973, marque une nouvelle étape. Pour appuyer l’offensive israélienne, les États-Unis envoient un pont aérien afin de livrer des armes à Tel Av

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