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Back to EpisodesLe discours civilisationnel de la Chine: projet de puissance et instrument de cohésion nationale?
Description
Pendant longtemps, la Chine a raconté au monde une histoire simple : celle d’un pays qui sortait de la pauvreté, qui s’ouvrait au commerce, et qui retrouvait peu à peu sa place dans la mondialisation. Mais aujourd’hui, le récit a changé. La Chine ne parle plus seulement de développement ou de puissance. Elle parle de civilisation sous l’impulsion de Xi Jinping.
Pékin affirme que la Chine n’est pas simplement un État parmi d’autres, mais l’héritière d’une civilisation vieille de plusieurs millénaires, dotée de ses propres valeurs, de sa propre vision de l’ordre politique et de sa propre conception de l’harmonie sociale. Dans ce récit, la Chine aurait traversé les siècles sans rupture, et le pouvoir actuel serait le dépositaire d’une continuité historique et culturelle unique.
Comment la longue durée de la civilisation chinoise s'articule-t-elle avec celle, plus courte, de la nation, et dont l'histoire repose aussi sur des silences?
Que fait ce récit des épisodes les plus sensibles, comme le Massacre de la place Tiananmen ?
Comment intégrer la figure de Mao Zedong, à la fois fondateur de la Chine populaire et responsable de catastrophes humaines majeures ?
Et surtout, ce récit civilisationnel ne concerne pas seulement le passé.
Il s’inscrit dans un affrontement idéologique contemporain : Pékin contestant de plus en plus ouvertement l’universalité des valeurs politiques défendues par l’Occident. Ce récit civilisationnel est-il un projet de puissance ?
Un instrument de cohésion nationale ?
Ou le début d’une bataille mondiale des modèles politiques ?
Pour cette troisième émission en partenariat avec l’INALCO, l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales et son programme DECRIPT portant sur les transformations du système international et les effets politiques et institutionnels de ces récits civilisationnels qui ont émergé sur la scène mondiale.
Invités
- Jean-François Huchet, professeur d’économie spécialiste de la Chine. Président de l’INALCO.
- Alexandre Gandil, politiste. Postdoctorant du programme DECRIPT à l’Université Bordeaux Montaigne. « Kinmen, un archipel entre Taiwan et la Chine », éd. Karthala.