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Back to EpisodesSéries, l'histoire au prochain épisode : Rome, Britannia, Domina, séries antiques et en toges
Description
Combien de temps a duré Rome ? Précisément 23 heures et 41 minutes. Quant à la conquête de la Bretagne antique par les Romains, il faut compter une vingtaine d’heures avec Britannia. Les séries télévisées sont un sensationnel vecteur pour parler du passé et pour donner le goût de l’histoire… Dès lors, quel regard portent les historiennes et les historiens sur ces productions culturelles ?
Du péplum au néo-péplum, l'Antiquité pour décor
À la fin du 20ᵉ siècle, beaucoup pensent le genre du péplum mort et enterré. Son gigantisme ostentatoire, ses archétypes démodés, n’ont plus le même éclat auprès d’un grand public avide de science-fiction et de super-héros. L'historien Vivien Barrière revient sur le grand âge du péplum, dans les années 1950 et 1960, et les éléments qui le caractérisent : "[Ce sont] des superproductions avec les plus grands acteurs et des budgets extrêmement importants [...]. Astérix et Obélix se nourrissent du Cléopâtre d'Hollywood, cela diffuse et ancre des images très fortes dans les imaginaires. Ce sont les combats de gladiateurs, la course de chars, les orgies, le marbre…"
À partir des années 2000 et de la sortie du film Gladiator de Ridley Scott, les épopées antiquisantes font l’objet d’un regain d’intérêt massif. Ce mouvement est parfois qualifié de néo-péplum et s’étend au petit écran. Vivien Barrière explique ce glissement du cinéma vers la télévision : "Un péplum se concentre sur les élites aristocratiques, sur les classes dominantes, sur des grandes batailles, etc., alors que la télévision est un média du quotidien, du trivial, du sordide." La série Rome, dont les deux saisons sont diffusées entre 2005 et 2007, marque une rupture : elle mêle des histoires de grands personnages et des gens du peuple.
Des histoires de quête du pouvoir
Rome retrace ainsi les ascensions de César, puis d’Octave-Auguste, avec une attention sociologique particulièrement soutenue. De nombreuses sociétés de production s'engouffrent dans la brèche ouverte par HBO et la BBC, comme le groupe SKY, qui livre entre 2019 et 2023 les séries Britannia et Domina. Britannia raconte la conquête des îles britanniques au début de l’ère chrétienne. Domina adopte le point de vue inédit d’un personnage féminin, celui de Livia Drusilla, puissante aristocrate de la fin de la période républicaine et future femme d’Auguste.
La Rome du 1ᵉʳ siècle avant notre ère constitue un terrain particulièrement intéressant pour ces séries états-uniennes et britanniques. L’instauration de l’empire en -27 met un terme à près de cent ans de crise sociale et de guerres civiles intermittentes. Rome, Britannia et Domina montrent que la réalité impériale perce déjà sous une république à l'agonie et explorent les formes que prend le pouvoir. À l’image de César, de nombreux chefs militaires tentent de se présenter au peuple comme l'homme providentiel et veulent imposer leur popularité à une aristocratie sénatoriale largement corrompue.
La place des femmes romaines dans les séries
Le pouvoir est également un enjeu dans l’espace privé à travers l'institution de la famille. Le pouvoir du pater familias sur sa femme et ses enfants est traditionnellement absolu et garanti par de nombreuses lois. Le mariage, arrangé entre familles, constitue à ce titre le ciment qui permet à la stratification des classes romaines de tenir debout. Pourtant, durant la période trouble que représente la fin de la république, l’absence des hommes – partis en guerre, exilés ou assassinés – permet aux femmes romaines une relative émancipation. Eva Martin, doctorante en histoire du genre à l'université d