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Etats-Unis : des élections sous conditions / Élections sénatoriales et recomposition politique / n°161 (4 octobre 2020)
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ETATS-UNIS : DES ELECTIONS SOUS CONDITIONS.
Dans un contexte de triple crise - sanitaire, économique et raciale- la campagne électorale pour les présidentielles américaines a pris un tour chaotique avec le premier débat, le 29 septembre, entre le président américain et l'ancien vice-président. Un débat jugé par la presse américaine comme le pire dans l'histoire récente du pays. Selon la chaîne de télévision « CNN » le perdant a été la démocratie, tandis que le magazine Time a titré « Annulez les deux prochains débats ». Depuis plusieurs mois, Donald Trump est à la peine dans les sondages. Il accuse un retard important et durable : entre 4,5 et 10 points sur son concurrent démocrate, tandis que 65 % des Américains déclarent ne pas avoir confiance en lui pour la gestion de la pandémie. Donald Trump est également rejeté massivement par l’électorat féminin : d'après un récent sondage duWashington Post et ABC News, Joe Biden est en tête de 24 points chez les femmes, contre seulement 4 chez les hommes. Toutefois, le mode indirect du scrutin ne permet pas de tirer des conclusions sûres de ces sondages. En 2016, ils prédisaient justement une victoire en voix d’Hilary Clinton que de mini-déplacements locaux ont finalement infirmée.
De nombreux observateurs se demandent si Donald Trump acceptera les résultats des urnes, s’ils lui étaient défavorables. Lors d’un point de presse le 23 septembre, lorsqu’il lui a été demandé s’il était prêt à s’engager pour un transfert pacifique du pouvoir dans le cas d’une défaite, le président des Etats-Unis a refusé de répondre par l’affirmative. « Nous allons devoir voir ce qui se passe », s’est-il contenté d’assurer. Il a également averti qu'il était persuadé que les tribunaux allaient jouer un rôle déterminant dans l'élection. Un contexte qui rend d'autant plus importante la nomination d'une nouvelle juge à la Cour suprême, en remplacement de Ruth Bader Ginsburg décédée le 18 septembre, Au sommet de la hiérarchie judiciaire, la Cour peut avoir à arbitrer des litiges électoraux, y compris, le résultat de la présidentielle du 3 novembre. Donald Trump a affirmé que « la seule manière dont il pourrait perdre l'élection serait qu'elle soit truquée ».
A cause de la pandémie, beaucoup d’Américains vont voter par correspondance. Entre les réticences de Donald Trump et les problèmes d’organisation liés au Covid-19, ce vote à distance s’annonce compliqué. Au-delà du duel politique, le vote par correspondance fait planer l’incertitude sur les résultats de la présidentielle. Les règles varient en effet d’un Etat à l’autre, dépouiller des votes par correspondance prend du temps et des retards de courrier sont à craindre : le scrutin intervient alors que les services postaux sont en difficulté après des restructurations lancées par leur nouveau patron, Louis DeJoy, un proche de Donald Trump. Selon Rick Hasen, spécialiste du droit des élections et professeur à l'université de Californie à Irvine « le plus probable, c'est que le nom du président ne soit connu qu’une semaine après les élections.Et, en cas de défaite, Trump dénoncerait des fraudes ».
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ELECTIONS SENATORIALES ET RECOMPOSITION POLITIQUE
Près de la moitié des sièges du Sénat, 172 sur 348, étaient à pourvoir dimanche 27 septembre dans 58 départements de métropole, en Guyane et dans quatre collectivités d'outre-mer. Quelque 87 000 grands électeurs étaient appelés à voter, dont 95% sont issus des conseils municipaux. Selon les premières projections – car il faut attendre le 5 octobre pour savoir où certains élus décideront de siéger -, le groupe Les Républicains conserve et même consolide sa première place au Sénat où la droite est majoritaire depuis 2014, avec le renfort du groupe Union centriste. Les Républicains qui remettaient en jeu 76 sièges sur les 14