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Immigration au Québec : un pas en avant, deux en arrières ?

Immigration au Québec : un pas en avant, deux en arrières ?

Published 6 months, 3 weeks ago
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À première vue, l’annonce de la levée du moratoire sur les demandes de Certificat de sélection du Québec (CSQ) semblait être une bonne nouvelle. Dès juillet 2025, les étudiants étrangers et les travailleurs temporaires déjà installés dans la province pourront, enfin, relancer leurs démarches vers la résidence permanente. Ce certificat, pierre angulaire du système migratoire québécois, ouvre l’accès à la stabilité pour des milliers de personnes déjà intégrées dans le tissu économique et social de la province.

Mais dans le même souffle, le gouvernement de François Legault impose un nouveau gel, jusqu’à fin novembre, du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) — la voie la plus rapide et simplifiée vers le CSQ pour de nombreux diplômés et salariés étrangers. Cette suspension soudaine touche les catégories les plus intégrées : celles qui vivent déjà au Québec, parlent français, et répondent aux besoins du marché du travail local. Un paradoxe qui alimente un climat d’instabilité.

Les tensions ne s’arrêtent pas là. Le gouvernement a aussi confirmé sa volonté de baisser les seuils d’immigration permanente de 50 000 à 35 000 personnes par an d’ici fin 2025. Une baisse d’environ 30 %, très critiquée par les milieux économiques. Selon la présidente des Manufacturiers et Exportateurs du Québec, Julie White, cette politique est “incompatible avec les réalités du marché”. De son côté, le Conseil du patronat du Québec alerte sur les conséquences à long terme : perte d’attractivité internationale, pénuries de main-d’œuvre, ralentissement de l’innovation.

Les données de Statistique Canada viennent appuyer ces craintes. Le Québec est l’une des provinces où le vieillissement démographique est le plus rapide du pays. En 2024, plus de 21 % de la population avait 65 ans ou plus. Sans immigration dynamique, le maintien des services publics, notamment dans les soins, l’éducation et la construction, sera mis en péril.

Face à ces défis structurels, la réponse du gouvernement mise sur un équilibre délicat : renforcer l’intégration, protéger la langue française, tout en gardant un contrôle strict sur les flux migratoires. Mais pour de nombreux candidats à l’installation, ces ajustements fréquents ressemblent davantage à des freins qu’à un accompagnement.

Les incertitudes administratives s’ajoutent aux obstacles pratiques : délais rallongés, complexité des critères, manque de prévisibilité. Pour les étudiants étrangers diplômés au Québec ou les travailleurs présents depuis plusieurs années, les règles changent trop vite. Et l’absence de lisibilité fragilise la confiance dans le système.

Dans un monde où les talents mobiles comparent de plus en plus les conditions d’accueil, le Québec semble pris dans un tiraillement entre ouverture et repli. Sa pol

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