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Peut-on imaginer Marine Le Pen présidente ? / Draghi peut-il sauver l’Italie ? / n°181 (21 février 2021)
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PEUT-ON IMAGINER MARINE LE PEN PRÉSIDENTE ?
Selon une enquête de Harris Interactive publiée le 25 janvier, Marine Le Pen arriverait en tête au premier tour de la prochaine élection présidentielle. Au second tour, elle remporterait 48% des suffrages. Selon le détail de l'étude, ce record pour la représentante du Rassemblement National serait rendu possible par deux facteurs : le ralliement à sa candidature d'un tiers des électeurs de François Fillon de 2017 et surtout le fait qu’un électeur de gauche sur deux préfèrerait s’abstenir que choisir entre l'un ou l'autre des protagonistes du second tour de 2017.
Selon le tableau de bord IFOP-Fiducial de janvier pour Paris Match et Sud Radio, 33 % des Français estiment que le Rassemblement National « incarne le mieux l'opposition » au chef de l'Etat, contre 25 % pour La France Insoumise et 23 % pour Les Républicains. Première à s’être déclarée candidate pour 2022, Marine Le Pen, qui vient de fêter ses dix ans à la tête de son parti, se fixe comme objectif d'arriver en tête du premier tour pour créer la vague susceptible de la conduire à la victoire. En arrondissant les angles, elle tente d'élargir son audience. Elle a chassé du parti les skins, les néonazis et les membres de l'ultradroite, condamné l'antisémitisme, rendu hommage aux victimes du Vel'd'Hiv, au général de Gaulle et tient d'une main ferme l’appareil du Rassemblement National. Mais son principal verrou reste l'électorat âgé qui représente presque un quart de la population française : le sondage Harris Interactive publié par L'Opinion montre qu’elle ne recueille que 18 % des intentions de vote dans cette catégorie contre 34 % chez les 18-34 ans.
Lors de ses vœux, le 25 janvier, Marine Le Pen s'est félicitée d'avoir imposé dans le débat les thèmes de prédilection du parti d'extrême droite, l'immigration, l'islamisme, le mondialisme et « l'ensauvagement ». Durant le face-à-face entre le ministre de l’Intérieur et la présidente du Rassemblement National sur France 2, le 11 février, Gérald Darmanin a reproché à Marine Le Pen d'être « un peu molle » sur l’islamisme radical. Une tentative de dédiabolisation qui a provoqué un malaise au sein de la macronie. Dès le lendemain sur Europe1, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a martelé : « Marine Le Pen est dangereuse pour notre pays ».
Si les deux tiers des Français (67 %) jugent probable un nouveau duel Macron-Le Pen en 2022, selon une enquête Ifop pour « Le Figaro » publiée le 10 février, 70 %, ne le souhaitent pas, sans pourtant identifier les concurrents qui s'imposeraient.
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DRAGHI PEUT-IL SAUVER L’ITALIE ?
Mario Draghi, 73 ans, ancien patron de la Banque centrale européenne a été chargé le 2 février dernier de former un gouvernement pour permettre à l’Italie d'affronter la crise sanitaire et de mettre en place le plan de relance financé par l'Union européenne. Il est resté dans l'histoire en 2012 comme « l'homme qui a sauvé l'euro », et donc l'Europe, en promettant de préserver la zone euro, menacée par la crise de la dette des États, « Whatever it takes ». Aujourd’hui, l’Italie sort d'une crise gouvernementale qui survient avec la démission de Giuseppe Conte en plein milieu d'une pandémie qui a déjà fait près de 90 000 morts. Réputé pour sa discrétion, son sérieux et sa détermination, Mario Draghi a été économiste, banquier, vice-président pour l'Europe de Goldman Sachs de 2002 à 2005, gouverneur de la Banque d'Italie de 2006 à 2011. « Super Mario » caracole déjà dans les sondages, avec un taux record de popularité de 71 %, loin devant le président du Conseil sortant, Giuseppe Conte (65 %) ou le leader de la Ligue, Matteo Salvini (39 %), selon l’enquête Demos publiée par La Repubblica. La Stampa a jugé le recours à Mario Draghi comme « la solution la plus fo